‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 130 sur 249 · LIVRE XXIX. n · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX. n

nistres dans cette assemblée soit repoussée par la question préalable. »

Robespierre, sans se prononcer sur le mérite de la proposition, lance un double sarcasme contre les deux orateurs qui viennent de parler en sens opposé :

(( Je pourrais, dit-iK faire aussi ma profession de foi, si j'en avais besoin. Je ne trouve aucun mérite à refuser une place de ministre; car, en cela, on consulte bien plus son goût et ses intérêts que les principes de l'utilité publique; d'ailleurs, que doit craindre à ce poste un ami de la patrie? Nous ne sommes plus au temps où l'on nous dénonçait chaque jour la dictature d'une ville ou d'un citoyen. La nation a écrasé de son mépris ces déclamations insensées. Je demande que la discussion continue. »

La Gironde, par l'organe de Bancal et de Fonfrède, insiste pour qu'un vote solennel écarte la motion de Danton. Celui-ci fait observer qu'il n'a point fait une motion positive, qu'il a seulement énoncé une opinion, sur laquelle il appelle l'attention de l'Assemblée. Mais celle-ci tient à résoudre la question, afin qu'aucun orateur ne soit tenté de la soulever de nouveau ; elle décrète qu'il n'y a pas lieu à délibérer sur la proposition de choisir les ministres parmi les représentants du peuple.

L'accaparement de tous les pouvoirs par un comité choisi dans le sein de la Convention était déjà, on le voit, dans la pensée des principaux chefs du parti montagnard.

Seulement Danton avouait hautement ses projets, Robespierre les dissimulait sous une fausse indifférence.

Des deux institutions, qui, à elles seules, devaient former tout le système de la Terreur, tribunal révolulionnaire et œmité de salut public. Tune venait d^étre acceptée sous la pression des conspirateurs du 9 mars; l'autre devait Têtre bientôt sous le coup des événements qu'allait amener la défection de Dumouriez ^ .

La Convention paraissait avoir oublié les conspirateurs; mais leurs amis et leurs complices se chargent eux-mêmes de Ten faire souvenir. Le 12 mars, une députation de la section Poissonnière se présente, musique en tète, suivie des volontaires enrôlés depuis quatre jours. Elle demande l'autorisation de lire à la barre le texte du discours que son président a prononcé lors de la visite des commissaires de l'Assemblée. Dès les premières phrases, où il demande la mise en accusation de Dumouriez et de son état-major, l'orateur est violemment interrompu ; chacun sent combien il

4. Beurnonville, dont la démis«%ion ne fut pas acceptée, fut réélu le 44 mars par 336 voix sur 530 votants.

Garât passa du ministère delà justice à celui de rintérieur. dont il faisait Finlérim depuis la démission de Roland. Gohier, ancien membre de l'Assemblée législative, et depuis quelque temps secrétaire général du ministère de la justice, fut désigné pour remplacer Garât à la chancellerie. Ces deux dernières nominations furent faites par 300 et 275 voix.

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