‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 139 sur 249 · L'INSURRECTION VENDÉENNE · texte numérisé non relu

L'INSURRECTION VENDÉENNE

L'esprit d'anarchie n'e^cistait pas seulemant dans la capitale, il s'était introduit dans la plupart des principales villes, grâce aux sociétés populaires qui toutes se faisaient honneur d'être affiliées à la société mère de ta rue Sainl-Honoré, et acceptaient presque aveuglément son mot d'ordre. Le comité de sûreté générale, depuis qu'il était exclusivement composé de Montagnards, était venu prêter à ces sociétés un appui considérable; mais en revanche il recevait d'elles un puissant concours. Par leur intermédiaire, il avait organisé une police formidable, et était parvenu à paralyser entre les mains de ses adversaires l'exercice de tous les droits et de toutes les libertés. Il nous serait impossible de relever un à un. ville par ville, les faits odieux et exorbitants que s'y permettaient journellement les partisans de la démaj^ogie. Bornons-nous à raconter ce qui se passait pendant les premiers jours de mars dans la seconde ville de France, à Lyon.

c'était en vain que, le but atteint, on avait, pour apaiser l'irritation des vaincus, brisé le vil instrument dont on

invitons à prendre sur l'objet telles mesures qu'ils estimeront convenables.

« ViLLARS, Sautemouchb, Bovcrena, Bicot, Carteron, Dubois, Frangallié, Bedon, Chagot, Dbstefarrie, MiLON, L. Émert, Noël, Roch. »

A cette demande, les trois commissaires de la Convention avaient répondu par l'arrêté suivant :

<c Nous, commissaires de la Convention nationale pour le rétablissement de Tordre dans le département de Rhône-et- Loire et lieux circonvoisin?, lecture faite de la déclaration sou^rite par les officiers municipaux de la commune de Lyon, portant que le citoyen Laussel, procureur de la commune, a perdu leur conGance, et de plusieurs autres déclarations souscrites par diverses personnes des faits de prévarication qui lui sont imputés dans l'exercice de ses fonctions;

a En vertu des pouvoirs qui nous ont été conférés par l'article 2 du décret du 25 février dernier, arrêtons :

a \° Que le citoyen François- Auguste Laussel demeure suspendu de ses fonctions, et qu'il sera mis sur-le-champ en état d'arrestation dans la maison de sûreté dite de Saint-Joseph, pour y être tenu au secret jusqu*à ce qu'il en ait été autrement ordonné;

« 2« Que l'administration de la police demeure requise de faire apposer sans délai les scellés sur ses papiers, meubles et oiïets;

<r 3» Enfin qu'expédition du présent sera promptement adressée à la municipalité qui demeure invitée d'en donner connaissance tant à Tadministration de la police, pour ce qui la concerne, qu'au conseil général de la commune, et de procéder au remplacement provisoire dudit citoyen Laussel dans les formes ordinaires.

« Fait et arrêté à Lvon le 13 mars 1793.

mf

» RovicRE, lUsiRK, Lrgendre, commissaires: Magnon, secrétaire de la Commission. »

Ce Laussel était un prêtre défroqué et marié. Une lon.^ue et minutieuse instruction prouva toutes les exactions que lui, sa femme et son secrétaire cx)mmellaiont journellement, ii l'égard des malheureux qui

Page 1