Voir t. V, p
La Convention avait, sur la demande de Bréard, chargé son Comité de législation de trouver le moyen de concilier le renouvellement des fameuses visites domiciliaires avec le respect dû à la propriété et à la sûreté individuelle. La tâche était» il parait, trop difficile, et le Comité de législation avait répondu par une prétention habile à la mission qu'on lui avait confiée; mais Basire et ses amis, remis triomphalemen<t en possession du pouvoir discrétionnaire qu'ils avaient si longtemps exercé, n'étaient pas hommes à s'embarrasser pour si peu.
Cinq jours après leur installation, le dimanche 27 janvier, ils ordonnent une battue générale dans les dépendances du Palais-Royal, alors appelé le palais de la Révolution, et requièrent. le commandant de la force armée, Santerre, de faire investir immédiatement toute l'enceinte, « pour protéger cette opération importante de salut public. »
Cette expédition dure de huit heures du soir à quatre heures du matin et produit six mille arresta- ^tions. Mais la plupart des prisonniers sont relâchés presque immédiatement. D'un si grand déploiement de forces, le seul résultat est de montrer à la population parisienne que le régime des mesures arbitraires n'est pas encore passé, que la Commune et le nouveau Comité de sûreté générale sont disposés à renouveler les scènes des derniers jours d'août 1792, si cela peut être utile aux desseins secrets de leur politique *.
1 . Prudhomme, dans les Révolutions de Paris, journal qui n'était