‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 206 sur 249 · LIVRE XXXll · texte numérisé non relu

LIVRE XXXll

A Lille se passaient des événements encore plus graves et plus décisifs. Le 2 avril au soir, Dumourîez avait expédié un. aide de camp pour savoir ce qu'était devenu Miaczinski et réitérer au général Duval les instructions qu'il lui avait t'ait transmettre le matin» Mais, cet aide de camp, trouvant le poste de Pctot-à-Marcq changé et apprenant que Miaczinski était arrêté, n'avait pas osé s'aventurer au delà. A cette défaillance, il avait ajouté une faute plus grande encore : au lieu de rapporter à Dumouriez l'ordre qu'il n'avait pas exécuté, il l'avait confié au courrier de la malle, pour qu'il le remît ai\ général Duval*.

En apprenant que la plus impdHarrie des places du Nord lui est échappée, Dumouriez veut au moins rappeler à lui les cinq mille hommes que Miaczinski a

1. L'ordre de Dumouriez à son aide de can^) était ainsi conçu :

« Aux bains de Saint-Amand, 2 avril 1793.

a II est ordonné à l*aide do camp Perrault de partir au reçu du présent pour se rendre à Pont-à-Man|g, avec le courrier de la malle destinée pour Lille. Il remettra ceticourrier sous la garde du commandant du poste de Pont-à-Marcq, et immédiatement après il se rendra de sa personne à Lille, il instruira le général Duval des événements d'hier, de Tarrestalion de quatre commissaires et du ministre de la guerre et de leur envoi à Tournai comme otages ;il lui ordonnera de ma part de presser l'exécution des ordres que j'ai donnés pendant la nuit au général Miaczinski, et s'il trouve p6ur l'exécution de ces ordres des ibstacles de la part ées corps administratifs et militaires ou de quelques-uns de leurs membres, ou en&n de tout autre individu, il les fera arrêter et les en\'6rra sous bonne garde au quartier général des bains Saint-Amand.

« Le général en o(^f de l'armée du Nord,

<t Dumouriez. i>

emmenés d*Orchies et qui errent sur les glacis de Lille, ' ' T sans ordre et. sans chef. L'entreprise était délicate et périlleuse ; Dumouriez la confie à son* aide de camp de prédilection, au confident le plus intime de ses pensées, au jeune Philippe Devaux, fils naturel du prince Charles de Lorraine.

Personne n'est plus propre aux coups de raaio» où les scrupules ordinaires ne sont pas de mise, que ces •^i. ^ enfants de l'amour et du hasard, qui n'ont ni feu ni ^ lieu, ni foi ni loi, ni famille ni patrie, qui, dans toutes les actions de leur vie, ne consultent que leur ambition, n'écoutent que leur intérêt et, habitués qu'ils sont de demander au jeu:' les ressources de leur existence, n'hésitent pas à se faire les instruments dociles de quiconque, sur un coup de dé, s'avise de risquer les destinées d'une nation.

Dumouriez avait compris que ce jeune homme, plein d'esprit et de courage, embrasserait la cause de son bienfaiteur avec d'autant plus d'ardeur qu'il avait roflipu les derniers liens qui le rattachaient à l'Autriche; il le fait donc appeler le 4 avril de grand matin et lui remet un ordre ainsi conçu :

« Il est ordonné à toutes les troupes qui étaient sous le commandement du général Miaczinsld et qui sont en ce moment sous Lille, d'en partir sur le champ pour se rendre aux ordres du maréchal de camp Philippe Devaux.

« Saint-Ainand , le 4 avril 1793.

(( Le général en chef de l'armée^ Dumouriez. »

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