‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 22 sur 249 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

pas reneeinte de TÂssemblée à moins que nous ne soyons éloignés par un décret formel, prononcé en face du peuple de Paris, qui est tout entier debout avec nos frères des départements.

« Plaisant Lauoussate, président, a Heudelet, vice-président, « Pelletier, secrétaire. »

« Quels sont ces citoyens des départements, s'écrie Chambon? Il n'y en a peut-être pas quatre dans toute cette députa tion. Ne notis laissons pas abuser par de semblables contes. »

Marat adjure ses collègues de ne pas s'arrêter à quelques expressions peut-être inconvenantes et de donner audience à la députàtion. Sur son insistance, il est décrété qu'elle sera admise le lendemain. Les pétitionnaires n'ont garde de manquer au rendez-vous et leur orateur entame ainsi sa harangue :

il Citoyens législateurs, ce n'est pas assez d'avoir proclamé la République, il faut encore que le peuple soit heureux; il faut qu'il ait du pain, car où il n'y a pas de pain, il n'y a plus de lois, plus de liberté, plus de république... »

Le reste du discours répond au début. Après avoir reproché amèrement à la Convention d'avoir cru à la chimère de la liberté du commerce des grains, l'auteur de l'insolente adresse ajoute :

« On vous a dit qu'une bonne loi sur les subsistances est impossible, c'est-à-dire qu'il faut désespérer de votre souveraine sagesse. Eh bien, nous venons vous apporter

la solution du problème. Cette solution est conforme au vœu naturel, nécessaire au salut public.

« Décrétez la peine de six années de fers pour la première fois, la peine de mort pour la récidive contre tout agriculteur ou marchand qui vendra un sac de blé du poids de 250 livres plus de 25 francs. Interdisez à toute administration de se faire marchande de grains. Adoptez une mesure uniforme qui soit la même dans toutes les parties de la République. »

A peine l'orateur a-t-il fini de parler, qu'un autre pétitionnaire s'écrie d'un ton emphatique :

« Citoyens, comme vice-président de la commission des subsistances, je viens au nom des sections de Paris, des citoyens des quatre-vingt-quatre départements... »

C'était la seconde fois que les pétitionnaires affichaient l'étrange prétention de représenter non-seulement les sections de Paris, mais la France entière. L'immense majorité de l'Assemblée ne veut pas en entendre davantage.

c( Y a-t-il en France, s'écrie Louvet, deux conventions, deux représentations nationales? »

tt Aucun citoyen, dit le président Bréard, n'a le droit de s'annoncer comme mandataire de ses frères des départements, s'il n'en a reçu les pouvoirs* Montrez les vôtres. »

Le pétitionnaire est obligé d'avouer qu'il n'en a pas.

Le président reprend : « Vous avez commis une grave imprudence. La Convention a entendu la pétition. Elle pèsera dans sa sagesse ce qu'elle doit aux sections de

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