Voir t. V, p. 443 et 4U
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c( Un bon citoyen, dit Bants, doit dévoiler tout ce qui peut être utile à la Républiquf. Je qe suis qu*un soldat, mais je parlerai comme un homme d'État i je de- i|| mande que notre collègue Granet, qui a eiftre les mains la copie d'une correspondance intéressante entre Barbaroux et la Société des amis de la République de Marseille, soit invité à déposer les pièces qu'il possède sur le bureau du président. Ensuite, je demanderai la parole, parce que j'ai des faits particuliers à ajouter. »
« C'est donc avec mes lettres, répond Barbaroux, qu'on prétend me persécuter. Ah! qu'oa les publie, qu'on publie toutes celles que j'ai écrites à mes amis, aux êtres qui m'étaient chers, depuis le commencement de la Révolution. On y verra les preuves de mon patriotisme et des services que j'ai rendus à mon pays. Si je suis coupable, je provoquerai moi-même le décret d'accusation, parce que le premier devoir d'un Républicain est de courber la tête devant la loi. »
Thuriot, Couthon, Osselin, veulent défendre l'officier de police mis en avant par le Comité de sûreté générale. Tallien va jusqu'à prétendre qu'en vertu d'un décret particulier à la ville de Paris, rendu par la Législative après le 10 août, ce magistrat a eu le droit, comme délégué de la municipalité, de décerner un mandat d'amener contre Barbaroux.
Lanjuinais combat cette assertion qui, suivant lui, ne tend à rien moins qu'à changer la jurisprudence des assemblées antérieures et de la Convention elle-même, dans des circonstances analogues. Il demande que l'affaire soit renvoyée au Comité de législation. Ce renvoi
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est ordonné avec injonction d'en faire le rapport dans le délai de vingt-qqfitre heures.
Mais le Comité de sûreté générale était aussi habile à ensevelir dans ses cartons ou dans ceux des autres Comités' les pièces qui pouvaient le compromettre, qu'audacieux à réclamer l'impunité en faveur de ceux q;ii avaient mis en pratique les doctrines de la démagogie. C'est ainsi que, pendant que Brissot et Barbaroux poursuivaient en vain le redressement de leurs justes griefs, le Comité parvenait à arracher à l'Assemblée deux déorets importants : l'un, qui suspendait indéfiniment toute procédure contre les assassins de septembre; l'autre, qui ordonnait la mise en liberté immédiate des commissaires de la Commune envoyés dans les départements pour y prêcher le meurtre et le pillage * .
Ces triomphes successifs du parti jacobin n'étaient pas de nature à diminuer l'agitation qui, dès avant la mort du roi, s'était emparée de la capitale et que fomentaient chaque jour davantage les journaux et les clubs. L'avilissement des assignats, le renchérissement des subsistances et des principales denrées, le chômage
1 . Dans les noies relatives à la punition des septembriseurs et aux missions des commissaires de la Commune insurrectionnelle (t. III, p. 612; t. IV, p. 452), nous avons raconté les principaux incidents des séances des 8 et 4 3 février dans lesquelles la Montagne obtint pour ses affidés ce double triomphe.
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d'uo grand nombre d*industrie#t surtout. (|e celles que le luxe alimente, entretenaient le ma|Mtse et la gène dans la plupart des ménages parisiens. Les ^sses étaient d'autant plus mécontentes qu'on leur avait donné plus d'espérances. Ne leur avaitr-on pas dit et répété sur tous les tons que la misère publique disparaîtrait comme par enchantement aussitôt que la tète du dernier tyran des Français serait tombée sous la hache révolutionnaire? L'arrêt sanglant avait reçu son exécution, et la classe laborieuse n'avait pas cessé de souffrir des mêmes chômages et des mêmes misères ; bien pliii, la mort de Louis XVI et quelques autres circonstances, que nous exposerons plus loin, avaient amené l'Angleterre, la Hollande et l'Espagne à se joindre à la coalition déjà formée contre nous. Les mers allaient être fermées et, par une conséquence toute naturelle mais qui échappait au vulgaire, les marchandises, dont la neutralité de ces trois puissances permettait jusqu'alors l'arrivage à des prix modérés, enchérissaient avec une rapidité étonnante.
Pendant que ces causes de trouble s'accumulaient dans la capitale, les législateurs imprévoyants en favolisaient le développement par l'impunité qu'ils assuraient aux auteurs des émeutes qui naguère avaient éclaté dans plusieurs des départements du centre de la France*. Le 11 févfier, le Comité de législation pro-
\ . Voir t. IV, p. 371 et suivantes. Nous avons raconté plusieurs
incidents de ces troubles, lis furent apaisés grâce à la contenance des
autorités municipales et des gardes nationales des départements de
rOrne, du Loiret et d'Eure-et-Loir. Les derniers exemples de taxa-
pose un déQTQt prescrivant au tribunal criminel de la Sarthe de faire saiii délai le procès aux auteurs et instigateurs de ees insurrections. Mais quelques députés montagnards s*em pressent de plaider la cause des accusés, qui, disent-ils, étaient plus égarés que véritablement coupables, et proposent d'abolir toutes les procédures dirigées contre tes fauteurs des troubles qui ont eu lieu avant le 2i janvier 1793 à l'occasion des subsistances. La Convention, heureuse de présenter au peu[^e français cette date funeste comme le commencement d'une ère de réconciliation et de paix, vote l'amnistie; à peine Lanjuinais et Buzot peuvent-ils obtenir qu'elle ne s'étende pas aux détenus coupables de meurtre, d'assassinat ou d'incendie.
Le commentaire du nouveau décret ne se fait pas attendre. Quelques heures après, une nombreuse députation se présente à la porte de la salle et demande à être immédiatement introduite à la barre; elle a des considérations importantes à exposer sur la question des subsistances. La Convention, fort occupée de l'organisation de l'armée, refuse d'entendre les pétitionnaires et les renvoie au Comité d'agriculture. Mais ceux-ci insistent et font parvenir au président la lettre suivante :
a Les commissaires des sections de Paris, réunis avec leurs frères des quatre-vingt^uatre départements, demandent à être entendus sans désemparer. La faim ne s'ajourne pas. Les représentants du peuple n'ont pas le droit de refuser de nous entendre ; nous ne quitterons
tion forcée sur les marchés datent des derniers jours de décembre