‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 40 sur 249 · LIVRE XXVll · texte numérisé non relu

LIVRE XXVll

S épargner ce nouvel adversaire; car l'intérêt évident de r Espagne, au moment où la guerre entre la France et l'Angleterre devenait imminente, était de s'allier avec les autres puissances maritimes et de faire observer strictement le droit des neutres. C'est ce que comprirent la Suède et le Danemark. Ces deux gardiens de la Baltique crurent avec raison devoir persévérer dans le système adopté par eux en 1780. La république des* Etats-Unis adhéra seule à celte politique; le Portugal, Naples et les autres États italiens se laissèrent entraîner dans la coalition européenne.

Les populations des contrées transalpines, profondément attachées à la monarchie et au catholicisme, avaient vu avec horreur la chute du trône de Louis XVI et la sanglante proscription étendue sur tout le clergé français. Le chef de la chrétienté avait été gravement lésé dans ses intérêts temporels comme souverain, et dans sa dignité comme pontife. On l'avait dépouillé du Comlat-Venaissin, insulté dans des émeutes populaires, qu'on n'avait rien fait pour réprimer, plus lard bafoué dans des documents ministériels*. On lui

4. Nous n'avons besoin que de rappeler la fameuse leltre du 23 novembre 4792, dans laquelle le conseil exécutif qualifiait le pape de simple évèque de Rome et lui prédisait une chute prochaine. Voir cette lettre, tome V, p. 82.

7() lllSTOIUE DE LA TERUKUU.

tioii ni réparation ; ii adresse inaniédialement à la Convention un message pour lui demander les moyens de tirer une vengeance éclatante « de Tinsolent hypocrite de Rome, qui outrage et désole le genre humain depuis trop longtemps. »

L'Assemblée s'émeut avec raison au récit du triste événement dont la capitale du monde chrétien vient d'être le théâtre; elle s'empresse d'adopter l'enfant de la victime et d'accorder une f)ension à la veuve. Mais l'occasion s'ollVait de faire remonter au souverain pontife la responsabilité du meurtre, elle est avidement saisie par les passions antireligieuses.

« Il faut brûler le Vatican! crient plusieurs voix. — Il faut, ajoute Jean Debry, venger la liberté outragée. Quand Rome corrompue voulut punir Jugurtha, elle sut bien le saisir et le faire mourir dans les cachots. On comprend k (jui s'applique cette comparaison *. »

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