‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 58 sur 249 · LIVRE XXVH · texte numérisé non relu

LIVRE XXVH

Taulre que par des passes de 7 à 800 mètres de largeur. Au milieu de ces trois îles se trouve un vaste bassin abrité des vents et qui communique avec la pleine mer [jar les passes dont nous venons de parler. C'est une position unique dans la Méditerranée. Plus d'une fois Nelson la signala h ses compatriotes comme plus enviable peut-être que Malte ou Gibraltar.

Paoli avait désigné son propre neveu Cesari Colonna pour commander les volontaires corses \ Les ofiiciers sous ses ordres étaient : l*" Quenza, lieutenant-colonel du 2'"^ bataillon des volontaires; 2° Napoléon Bonaparte, qui cumulait les fonctions de lieutenant-colonel en second de ce même bataillon avec celles de capitaine d'artillerie dans l'armée*; 3° Moydier, capitaine

î taliens peut tous les jour^, de sa retraite, contempler le théâtre de> premiers exploits de celui qui fut pendant quatorze ans Tarbitre du xnonde. L'histoire amène souvent de singuliers rapprochements.

4. Cesari Colonna avait été, en 4789, membre de l'Assemblée cons»tituante ; il est appelé, dans les procès-verbaux d'élection, comte O^lonna de Cesari-Rocca, capitaine au régiment provincial corse. Y) n'était pas député de la noblesse, mais bien du tiers état. Il était, a la fin de 179^, colonel de la 28« division de gendarmerie à Bastia. 2. Bonaparte était absent de son régiment depuis plus d'un an. t« <" octobre 4794, il avait obtenu un congé de trois mois et avait c|uitté Valence pour se rendre auprès de sa famille; mais, à la fin do son congé, il n'avait pas rejoint son corps et était resté dans son pays natal, où il avait accepté les fonctions de capitaine adjudant-major d'un bataillon de volontaires corses. On dit qu'à la revue de fin d'année (4791), n'ayant pas fait prévenir les chefs de son régiment des motifs qui légitimaient son absence, il fut rayé des cadres de l'armée, on bien près de l'être. Ce fut Pozzo di Borgo, alors procureur-syndic du département, vingt ans plus tard ambassadeur de Russie au congrès de Paris, qui adressa au ministre de la guerre une demande

du génie. Le chef des forces navales était un lieutenant de vaisseau nommé Goyetche, qui montait la Fauvette, corvette de 22 canons, et avait avec lui i6 petits bâtiments, les uns de guerre, les autres de transport.

Cette escadrille sort du port d'Ajaccio, le iO janvier, et n'arrive cependant à Bonifacio que douze jours après. Elle y reste un mois avant d'appareiller de nouveau, tant le chef de Texpédition, Gesari Golonna, est peu désireux de quitter la Gorse dans les circon-

pour régulariser la situation de son jeune concitoyen ; ce fut Narbonne, depuis aide de camp de Tempereur Napoléon et son ambassadeur à Vienne, qui Gt droit à celte demande le 44 janvier 4792. Bonaparte put dès lors accepter la place d'adjudanl-major, puis bientôt après celle de lieutenant-colonel en second du même bataillon. Pendant ce temps (6 février 4792), il recevait le brevet de capitaine d'artillerie, brevet signé de la main de Louis XYI. Bonaparte cumulait ainsi deux emplois, Tun dans la garde nationale, Tautre dans Tarmée. Il eut un instant la velléité de se démettre de ce dernier, si l'on en croit une lettre qu'il écrivit le 27 février 4792 à son ami Sucy, commissaire des guerres à Valence; cette lettre commence ainsi : a Dans ces circonstances difficiles, le poste d'honneur d'un bon Corse est de se trouver dans son pays. C'est dans cette idée que les miens ont exigé que je restasse parmi eux. Cependant, comme je ne sais pas transiger avec mon devoir, je me proposais de donner ma démission. Depuis, l'officier général du département m'a offert un mezzo termine qui a tout concilié : il m'a offert une place d'adjudant-major dans les bataillons volontaires. »

Afc mois de mai 4792, Bonaparte quitta la Corse, ne fit que traverser Valence où était toujours son régiment, et partit pour Paris. Il y assista comme simple spectateur aux journées du 20 juin et du 40 août. Il y était encore dans les premiers jours de septembre, puisque, le 4" de ce mois, il signait, à la municipalité de Versailles, les pièces nécessaires pour retirer sa sœur Élisa de la maison de Saint- Cyr et la ramener avec lui dans sa famille. Il arriva en Corse dans les premiers jours d'octobre 4792.

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