‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 73 sur 249 · Voir t. II, page · texte numérisé non relu

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3. Voir le discours de Camus, Monileur, n° 83, séance du 22 mars.

LIVRIi XXVII. 91

rapprovisioDnement général de Tarmée. Il n'était pas rare de voir un convoi d'armes, de poudre ou de farine, arrêté ou accaparé par un corps auquel il n'était pas destiné. Tant que l'armée avait marché en avant, on avait cru que le désordre ne durerait qu'un temps trèslimité, et on avait pris patience. Mais lorsqu'elle fut entrée dans ses quartiers d'hiver et qu'il fallut vivre sur un pays où les denrées s'épuisaient ou se cachaient, le mal appâtait à découvert et prit bientôt d'immenses proportions *.

Dumouriez vmt tout exprès à Paris pour dévoiler au pouvoir exécutif la situation affreuse dans laquelle se trouvaient ses troupes. Il y passa tout le mois de janvier. Mais les mémoires qu'il adressa au conseil exécutif et aux divers comités de la Convention n'eurent d'autre effet que de faire augmenter, par l'Assemblée,

l'étendue des pouvoirs dont étaient revêtus les représentants du peuple aux armées *. Il réussit mieux à

4 . Nous avons réuni à la fin de ce volume des lettres confiden* tielles de Dumouriez, de Beurnonville et de Biron; elles peuvent donner une idée du dénûment auquel se trouvaient réduites les arméesfrançaises au commencement de n93.

2. Séance du 26 janvier, voir le Moniteur, n' 28, le Journal des débals et décrets, n° i30. Voici le texle même du décret qui fut rendu à cette occasion sur la proposition de Lacroix : a La Convention autorise ses commissaires à prendre toutes les mesures, môme de sûreté

faire adopter ses plans de campagne contre la Hollande, et surtout à obtenir du pouvoir exécutif le sacrifice d'une grande expédition dans Tlnde, ayant pour but d'occuper l'Angleterre de ses propres périls et de détourner son attention des affaires européennes. Le général en chef de l'armée de Belgique n'eut pas de peine à renverser l'échafaudage de ces projets gigantesques et à démontrer qu'il était impossible d'envoyer assez vite les forces navales indispensables pour surprendre les Anglais et les chasser de leurs possessions asiatiques; que la rareté du numéraire faisait d'ailleurs une loi de consacrer toutes les ressources de la France à la guerre continentale, à la défense de la patrie * .

générale, que les circonstances rendront nécessaires ; leurs délibérations prises ou à prendre seront exécutées provisoirement, à la charge par lesdits commissaires d'envoyer, dans les vingt-quatre heures, copie des arrêtés et délibérations, pour être inûrmés ou conGrmés parla Convention. »

Malgré l'insistance de plusieurs montagnards, l'Assemblée décida en même temps que les commissaires aux armées continueraient d'être nommés par le bureau, et non au scrutin et par appel nominal. Les démagogues s'élevaient contre ce mode, parce que les fonctions de président et de secrétaires étaient généralement remplies par leurs rivaux. Lorsqu'ils se furent saisis du pouvoir, ils filrent passer au Comité de salut public, dont ils disposaient, le droit de nomination, et ne demandèrent plus que l'on eût recours au mode qu'ils avaient récliimé si vivement quelques mois auparavant.

\. Nous avons retrouvé le procès-verbal de la séance dans laquelle Dumouriez parvint à faire renoncer le pouvoir exécutif à ses projets sur l'Inde.

« Le Conseil exécutif provisoire étant rassemblé à l'heure accoutumée, le général Dumouriez ayant été appelé, la discussion s'est éta-

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