‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 76 sur 249 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

i^iments qui tenaient garnidoti en Corse, six mille t

volontaires des Bouches-d«-Rhône et huit cents volontaires corses. Les équipages de la flotte avaient été ramassés à la hâte dans les ports de la Méditerranée et contenaient un certain nombre de clubistes qui s'étaient accoutumés depuis longtemps à signifier et imposer leurs volontés à leurs chefs*. Les six pille volontaires des Bouches-du-Rhône formaient ce qu'on appelait la Phalange marseillaise. Soit réunis en corps

spécial, soit dispersés dans les rangs de la garde nationale, ils avaient pris une part très-active à toutes les agitations dont le Midi avait été le théâtre depuis trois années; les plus ardents d'entre eux venaient de rentrer triomphalement a Marseille, après avoir été faire à Paris le 10 août et le 2 septembre *. Le général Brunet, successeur d'Anselme au commandement de l'armée des Alpes maritimes, se montra fort peu disposé à recevoir parmi ses troupes régulières une bande aussi indisciplinée, un renfort aussi dangereux. II Jj|[;in pressa de

1. Voici comment s'exprime une lettre écrite d'Ajaccio au Moniteur et datée du 31 décembre 4792 (Moniteur de i793, n» 27) :

a II n'y a pas assez do discipline à bord des équipages, on a manqué un do ces jours d0 jpendre un homme qui, le lendemain, a été reconnu très-innocont oë ce dont les agitateurs l'accusaient. Cette leçon n'a cependant pas été perdue pour les matelots; car, voyant en quels faux pas qoa^ues pondeurs de profession les entraînent, ils en ont dénoncé un qai sera chassé de la flotte. Il est fâcheux qu'il n'y ait pas une justice plus sévère pour ces pondeurs qui se font un jeu d'assassiner et un honneur de s'en vanter. On peut juger des mauvais effets qu'une telle conduite produirait en pays étranger. »

2. On trouvera à la fin du volume une série de documents relatifs à la phalange marseillaise; nous y renvoyons nos lecteurs.

mettre les volontaires provençaux à la disposition de Tamiral Truguet, sans se piréoccuper autrement de la manière dont ces soldats d'une espèce toute particulière se comporteraient dans une entreprise un peu plus sérieuse que celles dont ils avaient jusqu'alors été les héros.

La phalange marseillaise qui, sur le papier, et probablement dans les états de revue que Ton présentait 9U trésor, comptait pour six mille hommes, n'en fournit que quatre mille au moment de l'embarquement. Le 8 janvier 1793, 39 vaisseaux de transport, escortés par plusieuns navires de guerre, partirent de Villefranche et firent voile pour la Corse. Mais, arrivée en vue de cette île, la flotte fut assaillie par une tempête épouvantable. En essayant d'entrer dans le port d'Ajaccio, quelques bâtiments de haut bord se perdirent, notamment le Vengeur, vaisseau tout neuf de 80 canons *. D'autres, plus heureux, purent aborder sans grandes avaribs; mais le plus grand nombre se réfugia dans la baie de Saint-Florent, près de Bastia, notamment le Commerce de Bordeaux, vaisseau de 74, qui avait à son bord le général d'Hilaire-Chanvert, commandant en chef des volontaires marseillais.

Deux jours après, ayant voulu reprendre la mer, cette partie de la flotte fut rejetée sur les côtes de Provence ; elle n'arriva en Sardaigne qu'après les déplorables événements que nous allons raconter.

4. n n6 faut pas confondre ce vaisseau avec celui qui a immortalisé ce nom en sombrant glorieusement près de Brest, à la fin du combat des 40-13 prairial an n.

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