‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 3)Chapitre 75 sur 249 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

rex|>édilion \ Sémonville, nommé réeemmeni ambassadeur à CoDStantinople, et qne les hésitalions dû conseil exécutif retenaient à Marseille, déployait le zèle le plus républicain au service de la propagande italienne, et écrivait à Paoli lettre sur lettre, aûn de lui demax|der son concours pour la réussite de l'entreprise*. Deux anciens membres de l'Assemblée législative, Aréna*^et Péraldi, le premier à Toulon, le second à Ajaccio, s'agitaient avec une égale ardeur pour lever les obstacles qui pouvaient entraver le départ de là flotte. Enfin le comité de défense générale envoyait en Corse trois représentants du peuple, Salicetti, Delcher et Lacombe- Saint-Michel, chargés de presser l'organisation des volontaires qui devaient composer, avec quelques troupes deligne, Tarméededébarquement*. Malgré tant d'efforts,

h . Voir le discours de Barbaroux, Moniteur de 1793, n® 34,

2. On trouvera à la fîn de ce volume deux pièceSç^nstatant Tardent républicanisme que professait, en 4793, celui qril devint grand référendaire de la Chambre des pairs sous la Restauration.

3. Telle était la mission ostensible des trois commissaires de la Convention; mais ils en avaient une autre^beaucoup plus importante: c^était de surveiller la conduite de Paoli, dont la toute-puissance sur ses compatriotes était enoM entière, mais qui déjà semblait vouloir s'en servir pour se rendre nhdépendant. Les deux premiers commissaires ne firent en Corse qu*uii séjour de quelques mois. Lacombe- Saint-Michel, officier 4'ftrtillerie très-distingué, resta seul et ne revint en France que dix-huit mois après (juin 4794). Lorsque Paoli eut proclamé que tous les liens étaient rompus entre la Corse et la France, et appelé les Anglais à son secours, ce fut Lacombe-Saint-Michel qui, avec des forces très-peu considérables en proportion de celles dont son adversaire disposait, lui tint tète et conserva cette Ile à notre patrie.

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les piréparatifs n'avançaient pas. Les navires de cci|Bmerce, aiTrétés depuis deat mois, restaient oisifs dans les ports de Marseille ePt de Villefranche.

• Il n'y a rien là qui doive étonner, le désordre et la dilapidation n'étant pas moindres dans l'administration des fournitures de la marine que dans celle des fournitures de la guerre. Quand on voulut embarquer le biscuit, on s'aperçut qu'il était pourri; au lieu de diviser les provisions de poudre sur un certain nombre de navires, on les accumula presque toutes sur un seul bâtiment, qui fut rejeté vers la côte d'Italie par la tempête et ne put arriver à temps. On n'avait préparé ni numéraire pour le prêt des soldats, ni chaussures, ni effets de campement. Le conseil exécutif avait délégué aux autorités militaires et maritimes de Toulon le soin de désigner un général pour commander les troupes de débarquement. L'amiral Truguet, qui avait été depuis trois mois l'âme de l'expédition et avait naturellement f^rvé à la flotte le rôle le plus important, prit en passant en Corse le général Casabianca. Celui-ci n'avait aucune des connaissances nécessaires pour conduire à bien une entreprise aussi difficile. Il aurait fallu un officier supérieur, ayant fait ses premières armes dans la guerre d'Amérique et habitué aux opérations maritimes; il aurait fallu 15 ou 20,000 hommes d'infanterie, aguerris et déterminés, une artillerie bien équipée et quelques escadrons de cavalerie pour éclairer les troupes de débarquement.

Loin de là, on n'avait affecté à l'expédition qu'un millier de soldats de ligne, à prendre dans les trois

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