‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 116 sur 262 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

section , étaient rassemblés à la mairie, par suite d'une convocation qui datait déjà de deux jours, afin de s'entendre sur les mesures de salut public à adopter pour repousser l'ennemi en marche sur la capitale.

Ah ! la première mesure à prendre dans l'intérêt de Paris, de la France, de la liberté, de la révolution, n'était-ce pas de courir aux prisons, d'arrêter les massacres, de sauver l'honneur de la nation qui s'écoulait à flots précipités par les plaies béantes de tant de victimes déjà égorgées? Mais toutes les préoccupations des assistants étaient concentrées sur la question de savoir qui l'emporterait de Robespierre ou de Brissot ; on se regardait avec méûance, on s'interrogeait avec crainte; auissi se sépara-t-on sans rien décider.

Pendant ce temps, les mandats lancés contre Roland et Brissot par le comité de surveillance étaient mis à exécution. L'hôtel du ministre de l'intérieur était envahi par ^ne bande d'hommes armés comme l'avait été, quelques jours auparavant, l'hôtel du ministre de la guerre, à l'occasion de l'affaire Girey-Dupré. Roland était absent. Sa femme fut obligée de recevoir les étranges visiteurs, elle eut beaucoup de peine à s'en débarrasser*.

Brissot reçut une visite à peu près semblable ; ses papiers furent examinés avec soin pendant plusieurs heures ; Cûfiû les commissaires se retirèrent en lui laissant un cer-

<• Mémoires de M^* Roland, p. 67, 1'« édition.

Le ministère de l'intérieur était alors établi rue Vivienne, dans 'ancien hôtel du contrôle général. Cet hôtel fait aujourd'hui partie de •a Bibliothèque impériale.

tificat qui coDStafait qu ils n'y avaient trouvé absolument rien qui parût contraire à l'intérêt public.

Du reste, de ces deux visites, les dictateurs de THôtel de Ville retirèrent tout le succès qu'ils en attendaient. Roland fut annihile, l'Assemblée fut frappée de stupeur, et le comité de surveillance n'eut plus à redouter de résistances d'aucun genre.

Entre minuit et une heure , les députés qui tenaient la permanence de l'Assemblée, apprenant que les massacres continuaient, se hasardèrent à se mettre en communication avec la municipalité afin de connaître oflSciellement le véritable état des choses ^.

Au moment où la lettre des représentants du peuple parvint aux commissaires de la commune, ceux-ci s'occupaient de tout autre chose que du sort des prisonniers. Ils ordonnaient des recherches de fusils, des appositions de scellés, des visites dans les maisons des suspects, recevaient des communications sur des objets parfaitemea^t indifférents, tels que les théâtres, la Bourse. A pein. retrou ve-t-on, dans leur procès-verbal, quelques tracc3:s de ce (jui se passe au dehors ; on y lit seulement , p: intervalle, des mentions telles que celles-ci :

— (( MM. Truchon et Duval- Destain sont nomffi commissaires pour faire une visite k l'hôtel de la Forc^ au quartier des femmes. «> — « On dépose sur le bu^reau une somme de cent louis en or, etc., formant ensemble de 2,463 livres, ladite somme trouvée duTis

^. Rapport du dépiilô Bai.^nouxâ l'ouverture de la séance du 3 seftembre. Jourfial des Débats et Décrets, p. 37, n° 343.

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