LIVRE XIH. 3t
Les geDdarmes iosistent et demaDdent si, depuis quelques jours, plusieurs prêtres iosermeotés n'out pas été amenés à Meaux par des détachemeuts de gardes nationaux ^ Les administrateurs déclarent que œs prêtres n*ont pas été arrêtés en vertu de mandats réguliers, mais que la force armée, agissant sans réquisition, s* est emparée d*eux de sa propre autorité; ils ajoutent que la municipalité a reçu le matin même l'expédition de la loi qui prononce la peine de la déportation contre les ecclésiastiques qui ont refusé le serment, et qu'elle va la mettre immédiatement à exécution.
Les gendarmes se retirent à moitié satisfaits^ promettant du moins de ne pas troubler la tranquillité publique. Peu rassurés par ces promesses, les membres de la municipalité se bâtent de rédiger une proclamation afin c( d'exhorter leurs concitoyens à ne pas se laisser égarer par les excitations d'agitateurs secrets qui cberchent à inspirer des soupçons sur le civisme des magistrats de la cité. » Des officiers de police sont chargés d'aller lire à son de trompe cette adresse dans tous les quartiers de Meaux. Mais, arrivés sur la place de la H9lle, ils trouvent réunis les gendarmes parisiens et tous les mauvais sujets de la ville. Ils sont accablés d'insultes, menacés de mort, contraints de se réfugier à la maison commune. Le conseil général , voyant l'émeute grandir, fait un appel désespéré à la garde nationale. Un officier municipal se rend à l'église, où siègent les électeurs qui procèdent à la nomination des députés à la Convention nationale, et leur apprend ce qui se passe; mais ceux-ci déclarent que
les questions de sûreté et de police intérieure ne sont point de la compétence du corps électoral ; qu'il doit se borner à l'exercice de ses fonctions spéciales et s'en rapporter aux autorités constituées, qui sauront remplir leur devoir.
Cependant les gardes nationaux répondent très-lentement à rappel de la municipalité; quelques-uns sont complices de l'émeute, d'autres cachent leur lâcheté sous les plus honteux prétextes. « Le peuple est souverain, disent-ils, il n'y a aucune force à lui opposer lorsqu'il demande qu'on lui livre ses ennemis. »
Profitant de l'indécision de la force armée, les assassins, sous la conduite d'un nommé Turlaire, limonadier et officier de la garde nationale^, envahissent la prisoo, mettent en fuite le geôlier et se précipitent dans la chambre où sont renfermés les sept prêtres spécialement désignés à leurs fureurs '.
1. Ce Turlaire était depuis peu de temps établi à Meaux. II était originaire de Paris et y habitait rue Perrin-Gasselin; il n avait que 22 ans. Il est plus qu'à croire qu'il avait d'anciennes relations a\rec les organisateurs des massacres de Paris, et peut-être aussi aveclea chefs de cette troupe qu'on décorait du nom de gendarmerie et q*xi n'était qu'un ramassis de soudards recrutés, Dieu sait commeo^.» i parmi les déserteurs de tous les régiments.