LIVRE Xrn
Parmi les officiers emprisonnés se trouvaient le colonel, le lieutenant-colonel, plusieurs capitaines du 5* régiment de cavalerie (ci-devant Royal-Pologne), le colonel eC onze officiers du 15* régiment de dragons (ci-devant Noailles). Les démagogues et les journaux à leur solde prétendaient que les officiers de Royal- Pologne n'avaient conduit leur régiment à Lyon que pour être mieux à même de le faire passer tout entier à Tennemi. On avait trouvé sur eux , au moment de leur arrestation, la copie des démissions qu'ils avaient envoyées depuis plus de six semaines au ministre de la guerre, et naturellement ces pièces étaient devenues les éléments principaux de l'ac-
sion de seize mille livres; il éUnit fait maréchal de camp on 1788, et lieutenant général le 22 mai 1792. Il était doué du génie spécial de la dénonciation. Il sollicitait un emploi au nom de ses principes philosophique-, et aussitôt qu'il l'avait obtenu, il accusait de trahison ce'ui qui le lui avait fait obtenir; c'e^t ainsi qu'il dénonça succes-ivemenl le minisire de la guerre Narbonne, le comman Janl de l'armét^ du midi Montesquiou, et tous les généraux qui se succédèrent à l'armie du Rhin dans les derniers mois de 179*. Sous le régime constitutionnel, il se faisait appeler le ciloyen-tjênéral-philosophe. Après le 10 août, il signait ses lettres Charles //esse, jacobin. Su>pendu en 1793, pui-< réintégré un instant en l'an m, il fui admis à un misérable traitement de réforme de dix-huit cents livres. Il végéta six années sollicitant les secours de tous les gouvernemenls qui se succédaient à la tète de la république; dans ses lettres, il ^e représentait comme a mourant de faim et de soif, t II se mita rédiger avec Antonelle, le fameux juré du tribunal révolutionnaire, le Journal des //ommes libres; fut mêlé à toutes leâ intrigues du temps, aux conspira; ions de Babeuf et autres. Le gouvernement consulaire l'interna à Tlie de Rlié pendant plusieurs années, puis lui pcrn^it de se retirer en Suis o. Il mourut en 4821, méprisé ou plutôt oublié do tous.- Digne fin de ce prince qui, après avoir flatté successivement toutes les puissances du jour, était tombé, de chute en chute, dans la dernière dégradation.
3« lIISrOIKK DE LA TERREUR.
cusation dirigée contre eux. Or, c'était lo minstre de la guerre lui-mAine, qui avait engagé les démissionnaires à ne pas quitter leur poste avant qu'ils ne fussent remplacés, el à amener d'Auch à Lyon l^s deux escadrorfe de campagne destinés h renforcer l'armée du Midi. En récompense de celle preuve de bonne volonté, ces officiers, au moment où ils allaient quitter une carrière dans laqu(»Ile plusieurs d'entre eux comptaient vingt et m^me trente ans de service, s'étaient vus, le lendemain de leur arrivée h Lvon, conduits à Pierre-Encise et rais au secret*.
Les griefs que l'on avait contre les officiers du 15* dragons étaient encore moins considérables; aussi ne
\ . Nois avon^ retrouvé • I" la I «ttrc du génëral Montesquiou, en dale du l»^' soptcml'ro, qui prouve l'inanité des accu.-alions porlces contre l»s officiiTs de Royal-Pologne; î" le duplicata des démissions parew données dès juillet 1"792. Nous mêlions sous les yeux do nos lecleurs e' la lettre du «;éné.al Montesquiou et la démission du lieutenant-colonel, qui fut 1 une des victimes de la journée du 9 soi»'embro 179i. Tout«»s les autres démissions que nous avons eues également eni ri* 1« mains sont roneues en des termes presque identiques.
cf A M. Serran, miniatre de la guerre.
n Au camp de Cessieux, le l'»" septembre ITW, l'an rv de la Liberté.
« J'ai riionnrur do VOUS envoyer, monsieur, les démissions de treize officiers du 5" réginient de cavaleri'*, ci-devant Royal-Pologne. Elte sont datées des mois de juin et juillet et je les ai , en effet , depuis cette ép^»quc. Le ministre d'alors engagea ces oPjciers à conduire le régiment jusqu'à Lyon. A leur arrivée dans cette ville, ayant persisté dans leur ré-iolution, je leur ai donné le congé que la loi prescrit. En conséquence je vous renvoie Poriginal de leui*s démissions, dont le double doit se trou er di»ns vos bureaux. CsÇ> officiers sont arrivés à