LIVRE XI H
ils n'osent pas se montixîr; ce sont dos gens njal inlentionni*s, il faut savoir trou ils viennent, où ils vont, ce qu'ils sont. Bientôt le mystère est éclairci , on apprend que les [)assc-porls soumis par les voyageurs aux autorités d'Autun portent cetle mention : « prêtres insermentés. » C'étaient, en elTet, (luatre malheureux ecclésiastiques qui, pour obéir à la loi du 26 août, quittaient la France et se rendaient en Suisse.
Il était deux heures de l'après-midi, les vêpres venaient d'être chantées parle curé constitutionnel. Les maratistes du pays, probablement aidés par quekjues agents provocateurs de passage, ameutent la population au moment où elle sort de l'église, obligent les autorités à conduire les qualie vojageurs à la [)rison du bourg, pour attendre ce que décidera le district d'Autun. Mais, à la tombée de la nuit , les démagogues de Couches , échaulFés [)ar Jes libations nombreuses auxquelles ils se sont livrés depuis plusieurs heures, déclarent que, quelle que soit la décision du district, il faut empêcher le départ des ennemis de la patrie. Pour cela, ils ne trouvent pas de meilleur moyen que de dépecer la voilure qui a amené les vo\ageurs et d'allumer un feu de joie avec les débris. Celle première expédition ne fait qu'exalter les esprits; on se dirige vers la pi-ison , les portes en sont brisées à coups de hache et de cognée; on entraîne, l'un après l'autre, dans la cour, les quatre malheureux prêtres; OQ les abat à coups de sabre , on les achève à coups de pierre. Ils ont rendu le dernier sou|)ir qu'on les insulte encore.
Le soir, à dix heures, lorsque le commissaire du gou-
vornemenl qui cl •crit celle scène, traversait le bourg de ^Muciies. les ilôbris de la voilure fumaient encore et les (pialœ cadavres étaienl élendus le long de la grande roule*.
Des scènes non moins lamentables se passaient à L\on. Celle induslrieuse cilé était depuis une quinzaine do jours en proie à une tK^s-vive agitation. Durant h nuil du 22 au 23 aoùU di's oUiciers appartenant àdetix réiiimenls de cavalerie arrivés la veille et Tavant-veille avaient élé arr*^l'»s par onlre du prince de liesse. Ce générai commandail depuis quinze jours dans la seconde ville de France, et il exerçail son autorité avec loule la turbulence d*un esprit brouillon et re.uuant, avec toute la violence d'un jacobin de fraîche date*.
I. Nou-i a ons puisé tous cos déUils dans la procédure, qu;îlejuge do (VI ix do r.'ucliis v[ \e diroct 'ur du jury du district d*AulUQ eurent lo courage d'ontamor, dès lo !• nd-'in lin 9 s?p!ombre, co:itre les auteurs (»t ivmpliiV< do ool infàm»» a^^a^^iilat. A Id suite de cello proc»*dure, neuf in ii\idu> furont oondjmnos à mort par contumice, le 17 janvier 179 { ; oot unôt fut o •iitradictoiroinent confirmé, le 16 prairial an uit l'Oi.lro d»'u\ d'oj.tiv ou\, |Mr le iriLunal criminel de Saône -et-Loire.
Ibns 1,1 not'' v]uo n«m> cons^iorun^ à la tin de ce volume à la punition dos <*»pt'»mlTis 'ur*. on trouvera d «s détails ci^con^ta^ciés sur les diorsos plia-os du prvK'ô- dos a-?assins d.» Couches; nous y donnons 1 *s (vi<s«)i:o^ I -s plu< s^Milants d'un mémoire en défense qu'ils adres- M'ront à la con\on:io.!. l'ollo piô.o. n*d:j:»»o [lar un piaticien de \illjge, douKmtio nnou\ ipio tous les riisonnements à quoi point le sens n.oral avait oto ol>!iioré dan< les cam{M|;nes |)ar los 8.>u\'ages doc- Inno^ do la d inaj:Oj;io.
S. Lo prin or.lMilosdo Ui's.-e-Rliififols-R.'tliembourg appartenait à la mais^>n olivtoralo Jo Ht.'>Si' C^sse! et avait été comblé des bienfaits do louis \M. A trtùz'' ans. il a\ait é'é nommé capitaine au régiment iU^ Ro\ al- Allemand ; «ju^'lquos années après, on lui accordait uoc pen-