‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 167 sur 262 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

de Melun de prononcer le plus tôt possible sur le sort d'Adrien Duport.

Le tribunal n'attendait que cette connmunication oflTitielle, et quelques heures après la réception de la lettre du ministre de la justice, il déclare par un jugement solennel que l'arreslalion de Duport est illégale, et prononce définitivement la mise en liberté de l'illustre prisonnier*.

Certes , les dictateurs parisiens ne furent pas étrangers à la plupart des meurtres que nous venons de raconter, mais ils restèrent dans l'ombre; leur connivence peut donc élre contestée. Il n*en saurait être de même

4. La lettre de Danton laissait percer Topinion intime du ministre de la justice; mais la publication deMarat du 43 septembre subsistait toujours et était évidemment sous les yeux des magistrats de Melun lorsqu'ils prononcèrent le jugement du 47, qui déclare illégal l'ordre donné par le comité de surveillance et tous les actes de procédure qui en avaient été la conséquence. Un pareil jugement fait trop d'honneur à ceux qui le rendirent pour que nous ne conservions pas à l'histoire on document qui montre, une fois de plus, qu'en ces temps malheureux la magistrature, lorsqu'elle put intervenir régulièrement, sut se montrer à la hauteur de sa mission.

On trouveraâ la fin de ce volume la lettre de Danton elle jugement dn tribunal de Melun.

Duport, mis en liberté, se réfugia en Suisse, où il mourut sans avoir revu sa patrie. Son père périt sur l'échafaud avec les autres membres du Parlement de Paris. Nous avons raconté cette catastrophe dans la note I de notre premier volume.

Nous nous sommes servi, pour le récit des faits relatifs à l'arrestation de Duport : \° des procès- v.rbaux dressés par le sieur Milet,

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p >ur le dernier épisode des massacres de septembre. Ici la complicilé de Danton et de ses amis est manifeste, éclatante. Il est vrai qif il s'agit d'une catégorie de prisonniers qui, plus que toute autre, était depuis longl Mn|)s l'objet de leur haine, le point de mire de leurs invectives. Nous voulons parler des prévenus que les ennemis de la royauté avaient entassés successivement, depuis une année , dans les prisons de la haute cour d'Orléans*.

Ces prisons renfermaient, à la fin d'août 1792, cin- «luante-lrois accusés. Les principaux d'entre eux étaient:

I-e duc de Cossé-Brissac, ci-devant gouverneur de Pa- I is, colonel des Cent-Suisses, et en dernier lieu commandant général de la garde constitutionnelle de Louis XVI, poursuivi pour avoir, disait-on, fomenté parmi ses soldats un esprit incivique et contre- révolutionnaire^;

M. Delessarl, ancien ministre de l'intérieur, puis des aîaires étrangères, (jue Brissot, en mars 1792, avait fait renvoyer devant la haute cour, quehiues jours avant riivén(?mpnt du premier ministère girondin ;

maire de Bjzoches, le 4 septembre , et par 1j municipililë de Melan, l"s 7 et 8 septembre; 2" du jugement préparatoire pronoucé par le (ribunal de Melun, U> 8, et de la requête présentée par Duportau tribunal, le n du même mois.

!. Le princijKî d'une haute cournationale, destinée à juger les crimfô de haute trahison avait été inscrit dans la constitution de 4791, article 4" du chapitre m. Des décrets spéciaux de l'Assemblée législalive étaient nécessaires pour renvoyer devant celte juridiction les prévenus d'attentat et de complot contre la sûreté do l'Étal.

î. Vjir le vol. 1", p. H3 d»» la première édition, et p. H5dela se 'onde.

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