DU 10 AOUT
I Voir page 49. )
« Depuis quelque temps rînquicUide du peuple était grande; son agitation était extrême, et tout annonçait des mouvements pour le jeudi. Neuf différentes sections, alarmées par le bruit du départ du roi, que plusieurs circonstances rendaient vraisemblable, avaient arrêté de se porter en armes devant le Château et dans les environs. A minuit, le tocsin sonna dans presque tous les quartiers de la ville; on battit le rappt»!, on battit la générale. L'Assemblée se rendit au lieu de ses séances. Le maire de Paris et les officiers municipaux se rendirent au Château. Jusqu'à cinq heures, on n'aperçut que des groupes qui n'avaient rien d'alarmant. Tout à coup, de toutes parts, des citoyens parurent armés; ils se portèrent en foule au Château. Le roi conçut des craintes et il se rendit avec sa famille à l'Assemblée nationale, les membres du département l'y accompagnèrent. Le peuple restait tranquille, et quoiqu'il déployât un grand appareil militaire, il paraissait disposé à ne commettre aucun désordre. Les commissaires des sections réunis à l'Hôtel de Ville s'emparèrent de tous les pouvoirs municipaux, donnèrent des ordres, nommèrent un commandant général et disposèrent de la force armée. Tous les citoyens ne manifestaient qu'un vœu, qu'une volonté. Les gendarmes municipaux, les fédérés, les gardes nationales, les piquets, ttfisne faisaient qu'un, et étaient disposés à mourir pour la jnraie cause. La force était si imposante qu'on ne devait pas s^ttendre à la plus légère résistance de la part de
L Cest celui qui fut envoyé aux armées le ii août.
'.tiu^ cil. *'\bi\'.':/, :\'ii\v.mii^ dcuif kChàleao, et d^autaot moins tjut it : Ji t!! Se iioiiillt t.ii éiaieni Bcuiis. Les caooDiiiers qui ♦ u jT-uî Qt padt exprimtiTftiiï siir-le<iiaiiip les sentiments qui j' V <LiiJm':ûr^xii en se réimisiiain à leurs ooodioyeos. Un grand n'. 'jÀtT^ d^ rardes niiticiuaui qui étaieni dans le Château en Gt <j'^t<i:ji.0ue]qL>e5-Lns rtsit*jTaîi avec mîlk à douze cents Suisses, ïï>i 6<jui^T*rii\ des sipKS faiéri^îurs de fraternité^ ils jetèrent par Ur^ fenêtres quelques papûers à canooches, ils arborèrent un b'yncHrt fx»uge; de sone que 3es diojeos, trompés par les appar<:fiœs, entrèrent^ crcf^ani se rendre maîtres du Château sans coup férir. Ils n'eurent psis monié les premières marches de l'ir^icalier que les Suisses tirèreni sur eux à bout portant ; ils se replièrent au dehors, braquèrent lecanoo, et le combat s'engagea. In assez grand nombre de citoyens fat tué ou blessé; rnaiM il échappa très-peu de Suisses. On a remarqué parmi les iiMirtH phisieurs jeunes gens affidés do Qiâieau, vêtus de Tuniforrno KiiisHo.
u \m iHfupte s'est conduit avec beaucoup de courage ; on a vu duH giiiiH dans le besoin dédaigner de prendre les dépouilles des vainciiH et remettre des montres, des tabatières, pour venir aa hecoinN (IcM veuves dont les époux avaient péri. On les a vus faire !<• \\\^\\t)\ (II* la v.iiss(?lle et de l'argenterie; quelques particuliers (i^iiiit votihi piller, le peuple en a fait sur-le-champ justice; des ( iii»^(M)H (M)iiniis p:ir leur incivisme et leurs principes contre-révoliitioniiairesont (Ué victimes du premier mouvement de Tin- (liKuation et iW la fureur. Nulle boutique n*a été pillée, et le ini'illeur ordre n^^uait partout ailleurs que sur le théâtre du ((>nii)at. Le feu a malheureusement pris dans quelques corps de bâtiments, soit par l'effet de l'artillerie ou des fusillades multipliées, soii par un accident dont la cause n'est pas encore connue. Nous espérons que le calme va se rétablir complètement, et que les mesures que TAssemblée nationale vient d'adopter achèveront de consolider la tranquillité publique.
« Collationné pour copie conforme par nous, président de la commission extraordinaire de l'Assemblée natioiB^|||8DussignéJe 11 août 1702, Tan iv de la liberté. „ CoNDOtCET.
<( Pour copie conforme à l'original :
« Le général d armée, Binox. »