‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 189 sur 262 · LETTRE DE JACOIIES ROUX A DANTON · texte numérisé non relu

LETTRE DE JACOIIES ROUX A DANTON

« A ParÎA, le 18 août, Tan iv de la liberté.

« Vous ne devez pas douter, monsieur et brave citoyen, de la joie que j'ai ressentie lorsque vous avez été promu auministère. Un véritable membre du club des Cordeliers voit avec attendrissement lo triomphe et la gloire des Jacobins, et si je ne suis pas allé vous témoigner de vive voix la part que je prenais à cette heureuse nouvelle, c'est que je n'ai pas voulu dérober à la

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chose publique un temps que vous employez à punir les traîtres, à déjouer les complots pervers et assurer /c inump/ie de la cause du peuple.

<< Mais, persuade que vous tenez compte aux bons patriotes des démarches que leur cœur inspire, je me borne à vous offrir uu hommage bien chnr à votre âme ; c'est le désir de marcher sur vos traces et le serment de mourir pour le maintien de la liberté.

B Je me permettrai maintenant des observations sur un fait qui est du la dernière importance.

a Après le décret qui ordonnait l'établissement d'une cour martiale, la seciioa des Crraviiliers, mardi dernier, me mis au rang de deux cunnnissaires qu'elle avait choisis. L'Assemblée aationale. ayant dans le même jour changé de mesure et laissé au:( tribunaux le soin de juger les accusés, les iiilriijuatUs n'ont pas manqué de profiter de cette occasion pour faire déclarer nulle l'élfciiun \ireccdantt . afin d'écarter un citoyen dont tout le crime à leurs yeux est d'être prêtre, mais crime qui est bien réparé par les traits de civisme dont j'ai fait preuve depuis que je suis à P.iris, tant dans les sociétés populaires que dans les cbaires publiques.

n Le sieur Grouvelle, pour donner quelque couleur à ces objections puériles, soutient avec emphase que l'iglise uborhail \v saug et qu'un ecclésiastique ne pouvait ni ne devait être du jurj' d'accusation et de jugement, comme si tous les citoyens itans soldats, ils n'ont pas le droit de concourir à la justice des traîtres et des assassins de la liberté.

o Enfin, hier, après des débats, j'ai été exclu de l'emploi honorable qui m'avait été conQé à une grande majorité : on a procédé à l'éleclioQ de quatre commissaires; les deux qui avaient été nommés la veille ont été destitués parce qu'ils étaient d'excellents patriotes. J'ignore quels sont ces personnages nouveaux, car je pris le parti de me retirer et de ne voter pour personne.

u Je crois donc, monsieur, qu'il est de mon devoir de vous dénoncer cet outrage fait h ma qualité de citoyen et à mon patriotisme. Ha cause intéresse la chose publique, et si je tiens dans ce moment à ma première élection, si j'ai l'honneur de vous demander justice de cet alteulat aux décrets, c'est que ma con-

science est pure et que je suis sûr qu'il est peu d'hommes qui soient dans les vrais principes comme j'en ai donné des preuves. Les amis qui vous entourent vous diront qui je suis, comment je me suis montré dans ces derniers temps où il n'y avait qu'un pas de la mort à l'esclavage. Ils vous diront que j'ai bravé les fers du dcsi)otisme et les pognards pour éclairer et rendre heureuse rhumanilé, en disant la vériié à ceux même qui étaient indignes de l'entendre, et si le tliemoignage que vous recevrez de mon zèle civique est tel que je l'ai mérité, j'espère, monsieur, de votre justice que vous me rendrez tous les services que votre place vous met à portée de rendre aux citoyens qui aiment la liberté par-dessus tout. Soyez sûr que je serai dur, inflexible envers les tyrans, et que je moxirai au poste que je devrais h vos bontés.

« Recevez, monsieur et citoyen vertueux, les sentiments delà vivo et sincère fraternité avec lesquels je ne cesserai d'être l'ami du peuple, le défendeur de la liberté, etc.

« Jacques Roux, chez M"* veuve Ghechin, rueGrenetat, û, maison Parent. »

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