‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 208 sur 262 · Popiiicourt. 48. Gobelins · texte numérisé non relu

Popiiicourt. 48. Gobelins

Enfin, neuf sections seulement prirent des délibérations relatives aux événements ; pour plusieurs de ces neuf sections, c'est à l'aide de documents autres que leurs registres que nous avons pu constattT le fait.

N<* 7. — La section Grange-Batelière ou Mirabeau, qui avait à se faire pardonner le modérantisme dont elle avait donné tant de preuves jusqu*au 10 août, prit la délibération suivante, que nous avons trouvée consignée sur son registre :

« 2 srptn7ibrr. Sur la motion d'un membre de faire marcher, avec les volontaires parisiens, les ci-devant comtes, marquis, ducs, bfiruïis, cl'dci'finl nobles et financiers, de plus, les citoyens qui ont signé des |)étiiioiis inconstilutionnelleset qui ont assisté aux clubs nionarchiqurs des Feuillants, de la Sainte-Chapelle; qu'ils soient |)lacés entre des patriotes pour les surveiller. Cette motion, mis(* aux voix, a été arrêtée à l'unanimité; il a été arrêté que le présent serait envoyé sur-le-champ aux quarantesept autres sections pour y adhérer, et au conseil général de la commune.

N° 8. — Le registre de la section du Louvre contient cette mention :

(( 2 septembre 1792. — Une députation de la section Poissonnière a été introduite et a fait part d'un arrêté par elle pris,

portant que les conspirateurs seraient livrés à la mort, les prêtres réfractaires et enfants d'émigrés seraient placés aux endroits les plus périlleux de l'armée. L'Assemblée, après en avoir délibéré, a adhéré à cet arrêté, et M. le président a invité les membres de la députation aux honneurs de la séance.

N® 13. — La section de la Fontaine-Montmorency, qui, en 1792, s'appelait la section de Molière et La Fontaine, et devait bientôt s'appeler la section Bralus, a consigné sur son registre la mention suivante :

« Séance du 2 septembre, — Une députation de la section Poissonnière a lu l'arrêté suivant de cette section :

« Tous les conspirateurs de l'État, actuellement renfermés « dans les prisons d'Orléans et de Paris, seront mis à mort avant a le départ des citoyens qui volent à la frontière.

« Les prêtres réfractaires, les femmes et les enfants des émi- 0 grés seront placés, sans armes, aux premiers rangs de l'armée a qui se rend sur la frontière, pour que leurs corps servent de « rempart aux bons citoyens qui vont exterminer les tyrans et Cl leurs esclaves. »

« L'Assemblée , par l'organe de son président , a remercié 0 MM. les dviputés de la communication de cet arrêté. »

N® 19. — La section des Arcis a inscrit sur son registre une mention fort ambiguë, où le mot de massacres n'est pas prononcé ; la voici :

(( 2 septembre. — Un membre ayant fait la motion de s'assurer des prisons dites du Cliâlslet, de la Conciergerie et de la Force, l'Assemblée, consultée par son président, a arrêté que Ton s'assurerait desdites prisons. »

N® 21. — La section Poissonnière donna évidemment le signal des massacres; on trouve la preuve du passage de ses délégués dans les sections du Louvre, de la Fontaine-Molière, du Faubourg-Saint Denis et du Luxembourg. L'arrêté qu'elle prit le 2 septembre fut probablement consigné sur le registre de ses délibérations; mais à une é^wque qu'il est possible de déterminer exactement, un feuillet, le quarante-sepiième. a été enlevé. La lacune existe entre la séance du 28 août et la fin

de cv'i'e du f septembre. L'aot^ecr de cette soppression croyait aTofr ac^anii la preuve matérielle et nnîque de Fairété Poissonnière, il ce poaTjii se douter qu'il se trouvait inscrit sur Ns r«rl>if>s de trois autres seaîoos. Ce fait providentiel doit pr:>aver une f»Âs de f lus combien il est difficile de faire dïspaniire tCKites les trices d'un crime commis adminislra-

N' fô. — La s^::oa de la rue de Uontreuil n'a sur son registre ri'n a\an: tnit ain missacres et aux idées qui fermeni^i'^.zi :tu nirme mrmect dins le s^in de la capitale; mais nous aT:n.5 -J-fcoavea la o:-pfe aijtheotiqne d^une délibération qui P?re h dire da . se^ timbre et qui émane de cette section, poruve LO(;\eIIe qie i:a:es ^s délibérations prises ou censées pr'5^ par uce sec;:vs n'étaient pas toujours consignées sur les r>L5i>:P:-5. Elle €si a-nsi connue :

t D'i, 2 s'^'T*'.:''? IT'îf . — La srctK» de Montreuil arrêteqae 1005 Us 5-ç::.i:i:!>:s de la pétition contre Faffarre du 20 juin et îts m-rm^.-v-? ie la Saicie-Chapelle seront tenus de marchera r^nneo:-. z::!'r< ponn: les patriotes, pour y être punis de leurs mains a : cas q^ils ce marcberaient pas avec francbise; que les ni€:rLb-e5 cccip«.'»sant le j :: ré d accusation et de jugement scitri: .- -::r 54.< à r::mm-:r tc;re em le directeur du juré, pour cCK:--r >: !- :r sein !•< -:r.ze."r:> d-: h chose p-ublique qui, jasq :'î :e rjzitc*. .-: >a vr de J-rScî.'us le s;!aivede la loi tous !is o:r.5r: -i- ->; ::: 54: : fr: une rd-\"?se à FAssemMée nau»::::-: y«. :r i- T.ird r jz !o: q :i Oc!'^ tous les rentiers, qui 2e p«. rr.'-:: : : . > r-^y-r ie I-urs Dn> pt?ur défendre la liberté, iera\-:r i-e I-jr f-tize r«: :r<»:ri>:c:r!es femmes et les enfants i:c: *e< >-^ > >*:— :c: i .*-:c:":a::re l'ennemi. •

D .> } i'; • '":■":. — Lî >:c::n d-: marie la cassation ducalu :c* vies '»: ,::-e: LZ i !*'^N>tM:b!ée nationale, soup<;onnéd'aris- :cvva:i: o,. •.:t"::»:i .;::cza re: JemanJe qu'il 5oit formé une .\cira^:: e ie r.-i.-: - oiies iy}iiT viécrjî-e les t\rans ennemis de îa p^itrie ec ie a *::er,r. tt noLimaient Bnmswick et autres de laruiée lu:: -^viu^xcriiire. qiTs sorent pavés par la nation d'après îxcr^ T\^'i-;iL5,

4 F'-ur eiinit ccofonne.

1 MiTTOT. ■

c N® 28. —Le registre de la section du Faubonrg-Saint-Denis contient les deux mentions suivantes :

« !•' septembre 1792. — Un membre est venu annoncer que la commune avait fait demandera l'Assemblée nationale quatre commissaires pour se transporter aux prisons, se saisir des registres et mettre sous la sauvegarde de la loi les prisonniers pour dettes et mois de nourrice, et livrer à la vengeance du peuple le reste des arrùti^s au sujet de la journée du 10 août. »

n Du2 septembre. — Il a été fait lecture d*un arrêté de la section Poissonnière, qui expose les dangers de la patrie et qui appelle tous les citoyens à sa défense, qu'il im|X)rto de purger la capitale de tous les monstres qui ont conjuré sa perte et celle du royaume; arrête que tous les conspirateurs enfermés dans les prisons de Paris et d*Orléans seront mis à mort avant le départ des citoyens qui volent au salut de la patrie.

« L'assemblée, étant très-peu nombreuse, a remis à demain son adhésion et s'est séparée. »

N® 29. — Le registre de la section Beaubourg ou de la Réunion a un feuillet coupé, mais le passage supprimé a trait à la fln de la séance du 5 septembre et à la presque totalité de celle du 6. Nous n'avons pu découvrir quel était l'incident qui avait pu porter quelques-uns des membres de cette section à opérer cette mutilation.

N® 43. — La seclion du Luxembourg fut une des plus actives pour pousser au massacre. Ses procès-verbaux de cette époque n'existent pas dans la collection de la préfecture de police. Mais, parmi les pièces de la procédure dirigée en l'an m contre les septembriseurs, nous avons retrouvé la copie des délibérations prises le 2 septembre et jours suivants par cette section. Nous les donnons in extenso, elles sont trop importantes pour être analysées :

a Da2 septembre. — Sur la motion d*un membre de purger les prisons en faisant couler le sang de tous les détenus avant de partir de Paris, les voix prises, elle a été adoptée ; trois commissaires ont été nommés, MM. Lohier, Lemoine, Richard, pour aller à la ville communiquer ce vœu, aGn de pouvoir agir d*une manière uniforme.

(( L'Assemblée, avertie par le commandant que nombre de citoyens se portent à la maison des Carmes, a autorisé lecommandant à prendre toutes les voies que sa prudence lui indiquera avec une force suffisante pour prévenir les accidents

a L'assemblée générale autorise le comité de recevoir et donner des reconnaissances des effets qui seront apportés des Carmes. M. le commandant du bataillon a fait rapport qu'il s'est transporté au couvent des Carmes pour prendre toutes les mesures convenables à TefTet de prévenir les accidents qu'on avait lieu decraindre, relativement auxprisonniersdétenusdans ce couvent, mais qiiesa prudence n'a pu empêcher ces mômes accidents. Il obsei^veqwe la force serait devenue inutile dans cette occasion, que la multitude innombrable s'est portée à sacrifier à sa juste vengeance les prêtres perturbateurs qui étaient détenus dans cette maison.

« L'assemblée, convaincue du patriotisme qui a toujours animé M. le commandant, applaudissant à la prudence qu'il a employée, a arrêté de faire part sur-le-champ au conseil général de la commune dos événements qui viennent d'arriver et des circonstances qui les ont accompagnés.

« M. Violette, un des commissaires de la section, amène dans le sein de l'Assemblée neuf particuliers détenus aux Carmes, qu'il est parvenu à soustraire à la vengeance du peuple.

« I/Asscmblue nomme MM. Lohier, Violette, Geoffroy-Rochet, Legendreet Lomairc, à l'efTet d'interroger ces particuliers.

« Ksi survenue uno dépiitation de la section Poissonnière, avec un arrêté de ladite section, par lequel, considr^ant les dangers éminents do la patrie et les manœuvres infernales des prêtres, elle arrête : 1° que tous les prêtres et personnes suspectes, enfermés dans les prisons de Paris, d'Orléans et autres, seront mis à mort; 2® que les femmes, les enfants des émigrés et les personnos qui n'ont pas paru ni montré citoyens, seront mis sur une ligne en avant des citoyens qui partent pour les frontières, afin d«î garantir les braves sans-culottes des coups que pourraient |/0.ter les ennemis. »

« Du 3 septembre. — L'Assemblée a arrêté, d'après les dénonciations d'un membre, que les personnes employées à la dépouille des morts voulaient s'emparer de leurs dépouilles; elle

a nommé M. Guérin pour s*y transporter et prévenir M. Daiibanel qiril leur soit délivré à chacun un habit, que le reste ou le produit sera distribué aux pauvres.

« M. Daubanel, secrétaire nommé pour procéder à l'inhumation des personnes qui ont subi hier la juste vengeance du peuple, a fait rapport de sa mission et a annoncé que cent vinî^t personnes avaient été enterrées ce matin d:ins le cimetière de Yaugirard. Il a demandé que l'assemblée prît un parti définitif à l'égard de la dépouille des morts; il a observé que ces dépouilles, attendu l'état de délabrement où elles se trouvaient, ne pourraient être que d'un rapport très- modique. Il propose en conséquence que ces dépouilles soient données aux personnes qui ont prêté les mains pour les déshabiller. Le comité adopte cette proposition, et néanmoins, avant de faire la délivrance de ces effets, l'assemblée arr{»te que des commissaires, pris dans son sein, seront autorisés à se transporter au couvent des Carmes pour y faire la visite et recîjerche de tous les objets qui pourraient se trouver parmi les dépouilles.

« Sur la pétition qui a été faite relativement à M. Duplain, qui était sorti hier des Carmes, où il était détenu comme prisonnier, il a été arrêté que MM. Lucron et Guérin seraiti t commissaires pour accompagner M. Duplain en l'assemblée générale de la commune, où l'assemblée de la section a arrCté qu'il serait conduit pour prononcer ce qu'il appartiendrait, d'après la sagesse de l'assemblée générale de la commune*.

« Sur le rapport qui a été fait pir MM. les commissaires nommés à l'effet d'examiner la conduite de M. Pierre Camouchard, de MM. J.-B. Bechiron, Jean-Marie Berthelot, qui avaient été détenus aux Carmes et qui en étaient sortis hier, l'assemblée a arrêté qu'ils seraient mis en liberté. Sur le rapport fait par les mêmes commissaires, relativt»ment à M. Jean-Bapti<te-Fran<^ois Allais de l'Kpine, M. Joseph Forestier, M. Alexandre Inglari- Dulillet, M.Jean-Joseph Leturc, l'assemblée a arrêté qu'ils seront mis en liberté. »

t. On a vu p. 299 de ce volume ce que le conseil fanerai de la commune d^ida dans sa sagesse sur le sort de Duplain. Elle renvoya à TAbbayc, où il fut égorgii une heure après.

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