MAILLARD ET SA BANDE
( Voir page S35. )
Nous n'avons pas à faire l'histoire complète et détaillée de Maillard, l'homme du 2 septembre ; nous recommencerions un travail qui a été parfaitement exécuté par M. Alexandre Sorel dans une publication récente. Qu'il nous suffise de rappeler les faits principaux de cette biographie et de la compléter par quelques nouvelles pièces inédites.
Maillard était né à Gournay, Seine-Inférieure, le 11 dicembre 1763. 11 n'était pas huissier, mais il avait été employé comme clerc chez son frère, puis s'était fait homme d'affaires de bas étage. Il figura au premier rang des vainqueurs de la Bastille et arrêta de sa main le gouverneur, M. Delaunay, qui fut massacré quelques minutes après, peut-être lorsque Maillard le tenait encore au collet; au 5 octobre 1789, il fut le conducteur des bandes qui, sous prétexte de demander du pain à l'Assemblée constituante, envahirent le château de Versailles, égorgèrent une vingtaine de malheureux gardes du corps, et entraînèrent à Paris l'infortuné Louis XVI.
Pendant la période qui s'écoula du 5 octobre 1789 au 2 septembre 1792, on le voit, d'après les documents authentiques publiés par M. Sorel, impliqué dans plusieurs affaires honteuses. il est accusé, par Marat lui-même, d'avoir des accointances très-directes avec la police de l'Hôtel-de-Ville; il est vrai que VAmi du peuple se rotracta peu de temps après, mais on sait que Tignoble folliculaire n'était pas à cela près de faire amende
honorable tontes les fois qu'on le menaçait de certaines vengeances corpon'iles, fort en usage sous l'ancien régime. Penlêtre au'^si avait-il reconnu dans Maillard un homme utile et qu'il fallait ménager pour l(?s circonstances critiques.
Dans le récit que nous avons donné des massacres de septembre, nous avons vu à Tœuvre Maillard, entouré d'une soixantaine d'individus lui servant de juges et quelquefois de bourreaux. Maton de la Varenne donne les noms des principaux égorgeurs de TAb'jaxe (page 163 de son Histoire). Nous les avons retrouva en très-grande partie au bas d'une pièce datée de quinze mois plus tard et que nous donnons ci-après. Cette coïncidence de noms identiques nous semble prouver sans contestation possible que la band(> de Maillard était déjà organisée dès le mois de septembre 1792 et qu'elle subsista sous son commandement jusqu'en 170!i, date de la mort de son chef.
Après les journ»'*cs de septembre. Maillard se fit l'homme d'affaires des parents des victimes qu'il avait livrées aux égorgeurs, et se cliargea, m<»yennant salaire probablement, de recouvrer leurs effets et pa|)iers. Il se mit à donner des certificats poar constater l'existence d'objets précieux que réclamaient les lamilles et qui avaient passé par ses mains ou celles de ses acolytes*; la preuve de ce fait résulte de plusieurs pièces que nous avons retrouvées et que voici :
1. Il eii donna au>M |>our les faits du 10 août, ainsi que le prouTo h pièce Miivante t-galt-m Mit in-'ilito.
« An présilent de la Convention nationale,
« Cil'»} en ppL-'^idcnt,
n Dans la journ.'-e d i 10 août dernier, au moment où nous oianquioasde munition-, et lor>que y provoquais le |>euple d*entrer à Farine blanche tn Château , ce niiine pt-uple ^'empara de t»utes les armes qui étaient cbei k citnyt'n Mercier, fo«^bis^>ellr, rue Saint-lIonorO.
M To^it ce qui lui a cté enlevt^, est constaté par un commissaire de sectioo et plusi».'urs citoyens qui l'iaient alors présents.
u Le citoyen M<.*nier réclame de la justice de la Convention qu^cIIe le ba» remb lursur du m )m;int de ces arnie^ d'après leur juste valeur.
«« Si'jnc : M.\iLL\nD , l'un des vainqueurs de la Bisàll^-
' :\iTi\ \>y 1". i>.t Sro ITUi. a-i i" Je la Rôp>ibb']ue.
BXTaAIT DES MINUFES DU GREFFE DK LA SECTION DE MUCIUS SCiEVOU,