STATISTIQUE DES MASSACRES DE SEPTEMBRE
{ Voir page 807. )
Plusieurs écrivains, et notamment MM. Bûchez et Roux dans leur Histoire parlementaire de la Révolution, M. Barthélémy Maurice dans son Histoire des prisons de la Seine, M. Firmin Didot dans la nouvelle édition qu'il a donnée des Mémoires sur les jonrnécs de septembre, enfin M. Grauier de Cassagnac dans son Histoire des Girondins et des massacres de septembre, se sont successivement efforcés de calculer aussi approximativement que possible quel avait été le nombre des victimes immolées par les ordres du comité de surveillance de la Commune de Paris.
Ils sont arrivés à des appréciations qui diffèrent sensiblement entre elles : il nous a donc paru indispensable de contrôler minutieusement les chiffres donnés par nos devanciers et de nous livrer à un nouvel examen de tous les documents authentiques qui peuvent être invoqués. Nous espérons arriver ainsi à clore d'une manière définitive le débat ouvert depuis près de trois quarts de siècle sur ce point de statistique rétrospective.
Les documents dont nous nous sommes servi pour notre travail sont :
1® Les listes dressées en vertu de l'arrêté du conseil général de la Commune en date du 10 septembre 1792*, qui « ordonne
1. Cet arrêté se trouve in extenso dans la nouveUe édition des Mémoires sur les journées dé septembre, donnée par M. Firmin Didot, n<»* 228 et 229.
aux greffiers, concierges, geôliers, gardiens des prisons, de se transporter an comilé des sections sur le territoire desquelles se trouvait chacune des prisons et d'y déposer les registres et les renseignements qu'ils peuvent avoir, tant sur les prisonniers morts que sur cfux qui se sont évadés des prisons. » Ces listes portent généralement une date de plusieurs mois postérieure aux événements de septembre, ce qui dénote toutes les difficultés que les magistrats et concierges eurent à les dresser. Ils n'y firent figurer que les décès attestés par des témoins oculaires: elles sont donc nécessairement incomplètes. Ces listes sont déposées à la préfecture de la Seine: M. Granier de Cassagnac, dans le deuxième volume de son Histoire, en a donné une copie textuelle:
2® L'état g<;néral dressé par les administrateurs du département de police, membres du comité de surveillance, certifié par eux, Jourdeuil, Lenfant, Panis, Duffort, Cally, Leclerc, daté de la mairie le 10 septembre 1702. Cet état ne saurait être récusé par les défenseurs les plus ardents de la Commune de Paris, puisqu'il émane du comité de surveillance lui-même;
3® Les registres d'écrou , les procès-verbaux et lettres officielles émanées de diverses sections, ainsi que les listes rectificatives concernant certaines catégories de prisonniers omise s dans les documents cités plus haut, lesquelles listes font partie des papiers ayant appartenu à Pétion et à Pache, maires de Paris, et déposés à la Bibliothèque impériale.