ABBAYE
Pcltier, dans son Histoire du 10 août publiée à Londres peu de temps après les événements de septembre, donne pour cette prison le chiffre de 180 \ictimes.
M. Barthélémy Mviurice, après un long exposé de la manièro dont il a reh^vé les noms des décédés sur le registre d'écrou. donne celui de 123.
MM. Bûchez et Roux sont arrivés au même chiffre à une unité près.
Le procès-verbal dressé le 18 mars 1703 par Legangneur, commissaire de police de la section des Quatre-Nations, en pré-
NOTES. '6i\
iience du citoyen Lavacquerie, greflier-concierge de l'Abbaye, assisté de s.^s quatre guichetiers, constate formellement le décès de 128 personnes.
L'état dressé le 10 si»ptembre 1792 par le confite de surveillance donne les chiffres de 11^5 décès certains et de 36 incertains.
M. Granier de Cassagnac, après avoir donné la liste des 128 individus compris dans l'état Legangneur, établit par de longs développements que le chiffre des morts doit être considérablement augmenté et propose de le porter à 216 (voir p. 271 et suiv. du 11*^ volume).
Nous admettons les deux catégories que M. Granier de Cassagnac établit pour ajouter au chiffre de 128 les prisonniers :
1° Qui se trouvent portés sur le registre d'écrou avec la mention mort ou jiKjc par b: peuple cl sur-le-cliamp mis à mort, qui ne ligment pas sur le procès- verbal déposé aux archives de la préfecture de la Seine ;
2® Qui, ayant été envoyés en vertu d*un ordre signé Panis, Sergent, Dulïort et Leclerc, do la mairie à TAbbaye, n'y furent pas écroués, ayant été massacrés au moment de leur arrivée (c'étaient les compagnons de l'abbé Sicard, dont nous avons raconté la mort p. 227).
Ces deux catégories comprennent 3i prisonniers à ajouter aux 128. Mais il nous est impossible d'admettre les raisonnements de l'auteur à l'égard :
1« Des prisonniers inscrits sur le registre d'écrou, mais sans qu'aucune mention fasse connaître leur sort;
2" Des individus indicpiés comme massacrés par Peltier, mais dont le nom ne se trouve pas inscrit sur les registres d'écrou de l'Abbaye.
Dans la liste de 54 individus formant ces deux dernières catégories nous voyons ligurer Cahier, ancien olîicier municipal, qui survécut aux massacres; Chantereine, inspecteur du gardemeuble de la couronne et colonel de la maison constitutionnelle du roi, qui se poignarda trois jours avant les massacres (Jourgniac de baint-Méard, p. 1/|), et dont on ne peut raisonnablement mettre la mort sur le compte des égorgeurs. Ces deux erreurs nous donnant la mesure de celles qui ont pu être
commises dans cette statistique. Si , pour compenser quelques omissions inévitables, on augmente de 9 le chiffre de 162 trouvé plus haut, on arrive à celui de 171, qui est celui donné par le comité de surveillance lui-même dès le 10 septembre 1792 pour les décès certains et incertains afférents à cette prison. C'est ce dernier chiffre que nous adoptons.