‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 239 sur 262 · MONTYON · texte numérisé non relu

MONTYON

(c Madame Durand de La Roque, à Saint-Hippolyte, dam les

Cèvennes, en Langmdoc.

n Étampes, le 7 septembre 1792.

« Je profite d'un séjour que nous faisons ici, ma chère tante, pour vous donner une marque de souvenir et vous en renouveler les assurances; dans la position où nous sommes, il faut mettre à profit le présent, car l'avenir est incertain. Que cette réflexion ne vous alarme pas; il est très-vrai que nous courons des risques, mais notre escorte et leur commandant sont trèsrésolus à nous en garantir autant qu'il dépendra d'eux. Nous sommes partis mardi d'Orléans, au nombre de cinquante-trois, pour être transférés dans les prisons de Paris. L'Assemblée n'a pas approuvé ce voyage et a envoyé en conséquence une commission pour arrêter notre marche pour cette ville ; on dit que nous n'y allons plus et que nous serons conduits à Versailles. Nous devons partir demain et nous arriverons à notre destination après-demain. Notre manière de voyager est peu agréable, mais notre route de Perpignan nous a aguerris. Nous nous trouvons moins malheureux que nos autres compagnons d'infortune à qui cette manière doit paraître bien pénible. Nous soupirons tous après le moment de notre arrivée, parce qu'on nous fait espérer un prompt jugement. Vous savez que nous soupirons après depuis bien longtemps; il est affreux d'être privé de sa liberté lorsqu'on n'a aucun reproche à se faire et que Ton est victime de la calomnie.

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