‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 245 sur 262 · LES COMPTES DE FOURNIER L'AMÉRICAIN · texte numérisé non relu

LES COMPTES DE FOURNIER L'AMÉRICAIN

( Voir pa^ 800. )

Fournier avait été arrêté trois ou quatre jours après son retour d'Orléans ; mais il avait un trop grand nombre de complices, et ses complices étaient trop puissants pour qu'il eût beaucoup à redouter les suites de son arrestation ; il fut, en effet, relâché le 20 septembre 1792 par ordre de la commune, afin, dit le procès-vèrbal , « qu*il pût réunir les pièces nécessaires à Tàpurement de ses comptes. Avant de les présenter au ministre, il ne manque pas de se faire décerner par les hommes qui avaient été sous ses ordres des certificats de moralité; probablement il les rédigea lui-même.

Le motif qu'on y donne pour expliquer le départ des volontaires parisiens démontre que le sort réservé aux malheureux prisonniers était déterminé d'avance. 0"e Ton pèse ces mots : pour mettre fin axix dépenses excessives qu'occasionne à Vempire français la trop longue détention des conspirateurs !

Premier certificat.

« COMPAGNIE DE L'ÉGALrTÉ.

« L'an !•' de l'égalité et de la liberté, les fédérés des 83 départements et les patriotes parisiens soussignés, animés par le zèle et l'amour de la patrie, ennuyés derimjpunité descrhiiiùers

de lèse-nation , ayant appris que ces traîtres avaient Tandace de menacer les sentinelles ^ fatigués de les surveiller, et vo le danger imminent de la patrie, se sont transportés à Orléans pour solliciter et veiller à l'exécution du décret concernant les perfides détenus dans la ville. Espérant par ce motif mettre fin aux dépenses excessives qu'occasionne à l'empire français la trop longue détention des conspirateurs qui en avaient juré la ruine et la perte, ces mêmes citoyens soussignés déclarent et certifient qu'ayant reconnu pour leur général le patriote Foumier, ils attestent qu'il s'est comporté en brave citoyen , avec tout le civisme et l'honnêteté possible envers ses égaux et ses camarades; que c'est contre son gré, ses vœux et malgré lui qu'il n'a pu parvenir à conduire à Saumur les prisonniers d'État ; qu'il a eu pour eux , pendant la route, tous les soins possibles ; enfin, qu'arrivés à Versailles, lieu de leur destination, le peuple souverain, justement irrité à l'aspect de ses implacables ennemis, s*empara d'eux, et qu'il aurait péri plusieurs milliers de citoyens sans sa prudence et ses lumières. Ne pouvant mieux reconnaître le patriote Foumier, nous lui avons offert le présent certificat pour lui valoir et servir ce que de raison et de réponse à tous ceux à qui la liberté et l'égalité de cette conduite déplaît.

(c En foi de quoi les fédérés et Parisiens composant la compagnie de Loflicial, dite de l'Égalité, ont signé à Paris, le 22 sq>tembre, l'an i" de l'égalité et de la liberté. »

Suivent cinquante et une signatures, celles entre autres de Lofiicial, capitaine, Coste, lieutenant, et Dumas, sergent-major de cette compagnie de l'Égalité, à laquelle était attribuée l'initiative de la demande en faveur de Fournier. Viennent ensuite les signatures de Vernier pour tout le détachement de Toulon; de Blochcl, capitaine, pour les canonniers de la section du

1. n est curieux de trouver reproduit contre les prisonniers d*0rléan8 le même reproche banal fait aux prisonniers de Paris par plusieurs des organisateurs des massacres, d^avoir Vaudace de menacer les sentinelles. Cela prouTe que cette calomnie était un mot d'ordre donné pour excuser les riolences et les meurtres dont les prisonniers d'Orléans et de Paris allaient être ▼ictimet.

NOTES. an

Finistère; de Lemoine, capilaiae, pour la 9* compagnie; de Fieffé, capitaine de canonniers, pour sa compgnie ; d'Acquier, pour la compagnie de BrifTauJt ; de Dijon , pour la compagnie d'Avignon. La plup;irt des autres sigoalures ne sont suivies que de la qualilicatioD de fédéré.

Dtuxièmt certi/Ual.

I ■ Paris, du tî wptembre, l'ui iv de h liberté, le i" de t'égalité.

« Nous soussignés, volontaires nationaux à la section du Finistère, ci-devon t des Gobelins, certifions q ue le citoyen Foumier, nommé pour aller à Orléans, pour la garde des prisonniers d'État, s'est comporlé avec toxUe la décence el ta fermelé qu'exigeaient les fûiiclions qu'il avait à remplir. C'est d'après les vœux de toute l'armée que ledit citoyen a n'solu de conduire les prisonniers à Versailles. Ainsi il a donc été obligé de suivre la volonté générale. En foi de quoi nous lui avons délivré le présent arrêté, n

m Suivent quinze signatures sans aucu ne désignation.

Muni d'attestations aussi concUiantes, Foumier se promena dans Paris , tête haine et toujours armé de ses pistolets, autre argument pérempioîni à opposer à quiconque se serait permis d'incriminer sa conduite. Ce fut seulement le 5 octobre qu'il présenta au ministre de l'intérieur le rapport de sa mission, accompagné d'un état des dépenses qu'elle avait occasionnées. Le dossier administratif des réclamations de l'Américain est certainement un des plus curieux que nos recherches nous aient fait découvrir.

Dans son compte rendu, Fournier ne dit pas un mot des motifs qui l'ont empêché d'obéir aux décrets de l'Assemblée nationale, ni des efforts qu'il a faits pour sauver les prisonniers confiés à sa garde. Il semble qu'il raconte une mission régulièrement accomplie. Il parle incidemment du crime de Versailles; ce n'est sous sa plume qu'un détail insIgniCant du voyage. Il ne songe point à se disculper; il n'a ni un regret, ni un remords, ni un mouvement de pitié. En revanciie, il parle

m HISTOIRE DE LA TERREUR.

longnement (fei <i«?poaîlîes restées entre ses mains, ou du moins de celles qu'il a déposées à THôtel de ville.

Quant à ^n état de dépenses, il n'est ni beaucoup plus long, ni beaucoup plus clair, mais il Test assez pour révéler à l'esprit le moins attentif et les désordres de la troupe et les malversations du chef.

« Cûfnpt^ fphe retui k M. BoUand, ministre de l'intérieur, le sieur foumier, citûy^n, de la mission dont il a été honoré dans le courant du mais daoiu dernier, 'par ordre du pouvoir exè-

^ !• n a pris à Étampes, en allant à Orléans, deux pièces de canon avpc leim affits, et trois caissons d'artillerie, le tout bien conditionné, ec les a remis à l'Hôtel de Ville, dont le général 5anierre dort mdre compte.

« f" 1 Orf«^aiis fl a fait remettre toutes les malles appartenant aux pnscnoîtrrs d'État, ainsi que plusieurs autres effets, tant irz&ncerie qa'aatres objets trouyés dans les prisons; le toat a été renfermé dans chaque chambre des prisonniers, dont fl a 'ui-niême fermé les portes et remis les cJefs au îireôlier, en prê- Kflce de ŒL Garran de Coulon et Bourdon la Cr:.>nière, commissaires da pouvoir exécutif, pour le tout ttr^ r^cnis à qui de

1 3« Arrivé à Versailles, jour du mai^sac:^ if< piisoonieïs. iDOS leurs effets et bagages ont été remrs t r:r^ .e^ zuîns de la commone de Versailles; ces mêmes tffe»5 s:\c: f :e reînî? j««r être déposés entre les mains du minisir^ cf ii ;::5Ci:>r, ce qm fai fait en arrivant à Paris. M. Danu n mi .ccf^r^^ — f: fr^ît ééposer le tout à l'Hôtel de Ville et ii :^-r .: >::e n^cc rc i: to faire un inventaire du toii. .rjisf c^-: - -^^ --:;.'-". -- ^'avait été confiée, de même qj'uc :.:, .:-; c.f V. i»f ^^slt.

**avait remis en secret, conieiiiL: v\5> '>c .- --v< ^ .^

g| d'autres papiers importante d:i:: S^ r>f ?,i5 ::7- rci-rr î fine le dépôt plutôt que de le rezitiirv i :\:i>.<^ -.': xl^-cîi Uquée.

« î» Il a été remis par k< vj.^ciii-ts ii 3tca^:i?r«r i£ r monnayé et aotre arge&u ainsi çae des icjcs? lis

NOTÉS. Ui

montres et autres effets, à la commune de Versailles, en dépôt, pour en rendre compte.

Je certifie le toiit sincère et véritable.

« A Paris, ce 5 octobre 1792, an i*' de la République française.

tt FOURNIEB. »

« État des dépensés faites par le sieur Foumier, commandant le détachement envoyé à Orléans par le pouvoir exécutif provysoire^ depuis le 24 août jusqu* au 11 septembre 1792, an i«' de la République française.

a 1® Pour 1,531 hommes, suivant l'état coté n® 1, savoir : « 1,000 citoyens gardes nationales pendant 18 jours, à

15 sols de décompte par jour, fait. . . . 13,500 1. » (c Plus 531 hommes qui ont été accordés par le département d'Orléans, tant gardes nationales que troupes de ligne Berwick et cavalerie, actuellement placés au camp de Paris pour neuf jours,

à 15 sols 3,58& 5 s.

« 2^ Une liasse de 31 pièces, montant à. . . . 2,390 6

« Z^ Une autre liasse de 43 bons 619 13

a 4» Quittance de 517 1. 15 s. et 10 pièces

justificatives 517 15

a 5*> Pour fourniture de 42 paires de souliers

0 6<* Pour 2,200 brevets à 12 sols 1,320 »

« 1^ Pour une voiture de pain achetée à Paris

le jour du départ, 25 août 100 i>

« Pour la dépense de poste, etc 120 »

« Pour sept jours de dépense de 53 prisonniers, etc., à 2 livres 742 »

« Pour différents déboursés énoncés au

mémoire ci-joint* 7,000 »

a Total 30,187 1. 19 à.

1 Voir ci-après l'état de ces d^^enses estnu>rdinairai montant à 7,000 fr.

%n HISTOIRE DE LA TERREUR.

« Sommes roçoes :

« A riiùld de ville. SBTBMMi reço, à la

suitederuTiiédeUaMuume*.. 6,000 1.

• ALooQameuuéeMlLBooffdoaet } 21,600 »

DubiiL oommBÛres. 600

«DekcoaBUV^Kldâas 15,000

«ipmraoide 8,587 1. 19s.

t £ac Jtt àamma iHpiméFîmiii» faites par M. Foumier, corn-

fmtoyi sous ses ordres à Orléans par 9» JMf è peu près^ savoir :

occasionnées par la mauvaise

fo s^écaient glissés pour chercher à

q«*fl faisait journellement, jusqu'à

de faire des acquisitions,

oo ne pouvait plus les dis-

^tids^ JÔiii^ v& leâfer pour mettre la paix;

MIT les camyMfms des canonniers et TentretMffiMMr ijft rtirtztliiffiir;

pMtr tes paiOes poor coocber les prisonniers ; piHir ies fisâs cassés et des tambours ; 4. D^fMHiss diiiia que Toa ne finirait pas à en chercher le

«. :^ atfssetevrs les ministres doutaient de la réalité de ma r^aoMCMi» j'oiBre de la £dre attester par les officiers et volon- *jHra^iu corps. Je rougirais ici, si, en vrai patriote, je vous nfifiiinaîs les abus qui se commettaient journellement malgré sarveillaoce, et que j'ai resté dix-huit jours sans me coucher.

« J^ continué jusqu'à ce jour les ordres que vous m'avez

I. On retrouT©, sur les livres du trésorier de la ville de Paris pour Tanni-c :« <lépo6«^ à la Cour des comptes, la dépense correspondant à cette rt- >^ p^^ ($!^, chapitre 149 :

« T septembre, audit sieur de Villeneuve, rembouwement des sommes par Im pcj^^ au sieur Fournier, pour subvenir au besoin des troupes qui se itadcnt à Orléans en conséquence d'un décret de l'Assemblée nationale: da conseil général 26 août, Joint au mandement-domaine 29 août, visé 7 aepteiiibre 6,000 fr. •

donnés, tant pour les soldats (ie Berwick et autres, la surveillance que m'a permise ma capacité et mon zèle à servir la chose publique, ainsi tous lesordresque vous voudrez bien me conQer. c( Le total des sommes de dépenses ci-énoncées se monte à la somme de sept mille livres. »

Ainsi, d'après son propre compte, Fournier touche, le 24 août, 6,000 fr. sur la caisse municipale de Paris; le 25 août, à Longjumeau, 600 fr. de la main des commissaires de Danton, Dubail et Bourdon; le û septembre, 15,000 fr. de la commune d'Orléans, en tout 21,600 livres. Il présente un état de frais s'élevant à 30,187 livres 19 sols, et se constitue créancier d'une somme de près de 9,000 livres. Pour arriver à un pareil résultat, il compte la solde de mille hommes pendant dix-huit jours, c'est-à-dire du 2û août au 10 septembre inclusivement, quoique l'expédition ne datât légalement que du 26, et qu'en fait Bécard et la deuxième bande ne fussent partis de Paris qu'à cette dernière date. Il compte 530 hommes emmenés en plus par lui d'Orléans, et nous voyons, d'après les rapports des autorités d'Orléans, qu'une cinquantaine de gardes nationaux de cette ville et à peu près autant de soldats du régiment de Berwick s'étaient joints à la troupe pour le retour. Dans les propres rapports de Fournier, il est dit qu'un certain nombre de maraudeurs l'avaient quitté en route. N'importe, il les compte tous pour le prêt; il n'appuie ses réclamations d'aucim état de présence, d'aucun document quelconque; puis, quand il a tout compté, tout supputé au double et au triple de la dépense réelle, il termine sa réclamation en y portant une somme ronde de 7,000 fr. pour fusils cassés et paille fournie aux prisonniers, et autres dépenses que l'on ne finirait pas à en chercher le détail.

Aucune de ces monstrueuses irrégularités n'arrête un moment le ministre de l'intérieur; il n'a pas même la curiosité de demander des renseignements sur les points obscurs du rapport, et particulièrement sur la manière dont cette escorte de 1,500 hommes a pu laisser égorger entre ses bras 53 prisonniers. Boland présente sur cette affaire deux rapports à la Convention, l'un le 5, l'autre le 6.

(( Monsieur le président de la Convention nationale,

« Parit, ie 5 octobre 1792, aa i*' de la Répnbliiiae fhmçdie.

« Monsieur le président,

« Je dois prévenir la Convention nationale que le sieur Fournier, chargé de conduire une force armée de mille hommes à Orléans, en ramena avec les prisonniers tous leurs effets, dont plusieurs sont très-précieux, tels que montres d'or à diamants, argenterie, assignats, etc. ; des malles remplies de hardes, et entre autres un paquet confié en secret par M. Delessart, contenant plusieurs lettres de change et d'autres papiers importants; lesquels objets ont été remis à la commune de Paris par ordre de M. Danton, ministre de la justice.

« Le sieur Fournier déclare également qu'il a été remis par les volontaires du détachement de Tor monnayé et de l'argent, ainsi que des billets nationaux, montres et autres effets à la commune de Versailles en dépôt, pour en rendre compte.

« Comme les prisonniers d'Orléans étaient les prisonniers de la nation, s'il est une disposition à faire de leurs effets, elle ne peut et doit être faite que par la nation et en faveur de la nation. Or, je n'ai de connaissance de ces dépôts que par la dénonciation qui vient de m'en être faite ; je la transmets à l'Assemblée et je la prie de prendre une mesure qui empêche d'être nulles et sans effets toutes les demandes et réquisitions que je fais journellement au nom de la loi à la commune de Paris. Je vais écrire à celle de Versailles,

a Le ministre de l'intérieur,

(( Roland. »

« Paris, le 0 octobre 1792, an i^' de la République. u Monsieur le président,

(( Le 26 août dernier, l'Assemblée nationale a rendu un décret portant que le pouvoir exécutif est tenu de faire passer à Orléans une force suffisante pour, de concert avec les citoyens d'Orléans, veiller à la garde et à la sûreté des prisons de cette ville, dans lesquelles étaient détenus les accusés auprès de la haute Cour nationale.

« Le oftéine jour, en vertu de ce décret, je chargeai le swur Foumier de se transporter à Orléans avec miile gardes nationales parisiennes, pour donner ane exécution entière k ce décret.

(( Le compte que ce particnlier vient de me rendre de sa mis*sion me parait être de nature à exiger que je le mette sous ies yeux de la Convention nationale ; j'y joindrai quelques observa* tions et j'attendrai les ordres de la Convention sur la conduite que je dois tenir pour terminer cette affaire.

« Ce compte consiste dans les deux pièces ci-jointes :

« L'une de ces pièces, cotée n<* 1, présente un objet de dépense de 30,596 livres 5 sous S à compte de laquelle somme le sieur Foumier déclare avoir reçu celle de 21,600 liv., savoir :

a Le 2/( août, par la commune de Paris 6,000 liv.

a Le 26 août, par deux commissaires 600

(( Et le h septembre, par la commune d'Orléans. 15,000

« Total. 21,600

(( En sorte que ce particulier parait être en avance de 8,996 liv. 5 sous, dont il réclame le payement.

« Je vois avec édification qu'il ne fait entrer dans ce compte ni le prix d'un cheval que je suis informé qu'il a perdu, ni la récompense qui lui est due pour les soins et peines qu'il s'est donnés dans cette périlleuse expédition où ses jours ont souvent été menacés par la troupe indisciplinée qu'il conduisait.

(( C'est à la Convention nationale à prononcer sur le dédommagement à accorder à ce citoyen, qui a montré beaucoup de zèle et de patriotisme...

« Le ministre de l'intérieur,

<( ROLàHD. »

Ainsi Roland n'a que des éloges pour le complice au moins tacite des assassins de Versailles, et pas môme un mot de pitié

1. Fournier, paralt-U, avait ajouté à sod compte de la yeiUe quelques Douyelles dépenses, puisque de 30,187 livres 10 sous, le total montait le lendemain à 30,596 livres 5 soua.

pour les victimes. II ne s'aperçoit pas qu*on vole indignement le trésor public dont il est gardien; la seule chose qui le préoccupe, c'est que la commune, avec laquelle il est depuis deux mois en lutte, a conservé entre ses mains les dépouilles des victimes. « Quelle injustice! quelle déprédation ! » s'écrie Roland. Vous croyez qu'il pense aux familles? Point; c'est la nation qui, selon lui, doit hériter des gens qu'on a égorgés au nom du salut public.

Les deux rapports de Roland furent envoyés au comité de la guerre, parce qu'ils étaient relatifs à la soi-disant armée parisienne.

Le comité de la guerre faisait attendre son rapport. Foumier s'impatiente, et dans un même jour, le 13 octobre, il écrit deux fois à Roland. Le billet du matin n'est qu'une préface ; l'Américain a des scrupules, il fait au ministre cette confidence :

« 13 octobre 1792.

« Monsieur le Ministre de l'intérieur,

(( Il me fut déposé entre mes mains, à Orléans, quatre croix de Saint-Louis, dont j'en ai remis deux à l'Assemblée nationale; les deux autres ont été remises à deux officiers du détachement qui m'en ont donné un reçu; prescrivez-moi, monsieur, ce qu'on doit en faire; ne voulant rien prendre sur moi, mon premier devoir est d'en référer à vous.

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