‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 4 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

suivant au milieu de tant de hontes et de crimes, ne pas prendre la nature humaine en horreur, et, comme nous, ne jamais désespérer de h* liberté.

Dès le 11 août au matin, l'Assemblée législative eut à s occuper du sort des infortunés qui étaient venus chercher un asile dans son sein.

Pour sauvegarder la vie de la famille royale, on ne trouve d'autre parti à prendre que de la faire ramener dans la loge du Logographe et de lui infliger le supplice que déjà, la veille, pendant vingt heures, elle avait subi.

Les Suisses, qui avaient accompagné la famille royale et s'étaient laissé désarmer par ordre de Louis XVI, avaient passé la nuit dans l'église des Feuillants ; mais il est difficile de les y garder plus longtemps, car la populace, amassée dans les rues environnantes, ne cesse de demander qu'on les lui livre. La prison de l'Abbaye est d'abord désigne^ pour tous, mais bientôt on se ravise. Conmie on est déjà parvenu, depuis vingt-quatre heures, à obtenir de quelques-uns d'entre eux des dépositions qui paraissent charger plusieurs de leurs chefs, on divise les prisonniers en deux catégories : les officiers et les sous-officiers sont envoyés à l'Abbaye; les simples soldats dirigés sur le palais Bourbon ^.

r Le palais Bourbon a\ait été habile jusqu'à l'émigration par les princes de Condé; il ne comprenait pas, à beaucoup près, les con-

Avant leur départ, l'Assemblée nationale rend un décret par lequel elle déclare :

« Que les olïîciers et soldats suisses et toutes autres personnes qui sont mises en état d'arrestation par le peuple sont et demeureront sous la sauvegarde de la loi et des vertus du peuple français;

« Qu'une cour martiale sera organisée pour juger sans désemparer les officiers et soldats suisses dont elle a décrété la translation dans les prisons, et que les officiers qui doivent composer cette cour seront nommés par le commandant général provisoire de la garde nationale*. «

La commune est chargée de promulguer immédiatement ce décret par tous les carrefours et places de Paris ; elle le commente dans une adresse qui indique assez la résolution bien arrêtée des ultra-révolutionnaires de ne faire grâce à aucun de leurs ennemis. Suivant la logique des partis, ces ennemis étaient coupables, puisqu'ils étaient vaincus.

« Peuple souverain, » — proclamait la municipalité en trois phrases d'un effrayant laconisme — , « suspends ta vengeance, la justice endormie reprendra aujourd'hui ses droits ; tous les coupables vont périr sur l'échafaud^. »

struclions actuelles, qui furent élevées sous le premier empire et les gouvernements postérieurs.

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