‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 42 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

retiré au maréchal le commandement de Tarmée du Centre et qu'il l'avait remplacé par Kellermann. Mais celui-ci n'accepta qu'à la condition que Luckner fût nommé généralissime. Les troupes étaient fort attachées au vieux héros de la guerre de sept ans, et, dans ce moment de pénurie apparente de généraux habiles, elles n'avaient de conûance qu'en ceux de leurs chefs qui avaient déjà fait la grande guerre. Pour ne pas les exaspérer, le pouvoir exécutif consentit à cette exigence. Le quartier général du nouveau généralissime fut établi sur les derrières des armées de l'Est, à Châlons-sur-Mame. On lui donna la mission spéciale « de former une armée de réserve et de* concourir par ses conseils aux opérations militaires; » mais en réalité il ne devait avoir rien à faire, et sa nomination n'avait qu'un but : masquer sa disgrâce.

Ainsi, dix joui^s après le 10 août, quatre mois après la formation des armées chargées de défendre notre territoire, une grande partie des officiers qui avaient présidé à cette formation étaient obligés de s'expatrier ou étaient violemment écartés de leur commandement. D'autres hommes montaient au premier plan et allaient un instant jouir de toutes les faveurs de la popularité. Dumouriez, Montesquiou, Kellermann, Biron, Custines, Bouchard, Miaczinsky étaient cités comme les incorruptibles, les vrais patriotes, les soutiens inébranlables de la république, qui n'était pas encore proclamée, mais qui allait bientôt l'être.

Un an après, Dumouriez, l'heureux défenseur des Jétilés de l'Argonne; Montesquiou, le conquérant de

la Savoie, étaient proscrits et ea fuite. Biron, Custines, Hourhard. 31iacziusky, après avoir prodigué leur sang dans vinirt coaibats. élaivct conduits à féchafaud aux cris de<i Uis les /ra^' ;>•.</ Kollemiann seul était réser\-éà de ['lus heureuses desiicfes. et devait ret.t?voir plus tard lies luains de celui qui nVtaît encore en ce moment qu*un jtune ctiefdel»ataillon d'artillerie, fort avancé lui aussi dans les idt^ du jour, le titre de duc de Aalmy, litre qui rappelait on mtme temps son oriirine républicaine ei ses eracdours kmfx.'riales.

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