LIVRE X
quatre individus, tantôt seuls, tantôt assistés provisoirement de délégués du Conseil général , restèrent grands inquisiteurs jusqu'après le 2 septembre. Leur action s'exerçait, par un étrange abus de pouvoir, non-seulement sur Paris, mais même sur les départements. Ils siégeaient à rhôlel de la mairie (aujourd'hui la Préfecture de police), sous le même toit que Pétion, qui occupait, au premier étage, les appartements du premier président du parlement de Paris. Mais ils ne s'inquiétaient guère du blame ou de l'approbation de ce docile et complaisant instrument que ses anciens complices avaient jeté de côté, comme font les enfants d'un jouet devenu inutile.
La commune de Paris, grâce à ses usurpations succèssives, en était venue à former un Etat dans l'Etat. Si le conseil général, avec ses deux cent quatre-vingt-huit membres, en était le pouvoir constituant, le comité de sur^'eilîance en était le pouvoir exécutif. Aussi, dans leur langage habituel, les dominateurs de l'Hôtel de Ville l'appelaient-ils le comité d'exécution. Etait-ce une allusion anticipi'^e à la mission dont il devait se charger le 2 septembre? Quoi qu'il en fût, ce nom glaçait d'épouvante ceux devant qui il était prononcé *.
L'attention du comité , dès qu'il fut réorganisé , se porta sur les prêtres insermentés. Le trône de Louis XVI renversé, les décrets sur lesquels il avait apposé son veto constitutionnel avaient été, dans la soirée même du 10 août, déclarés lois de l'État. Celui du 27 mai 1792 put donc immédiatement être mis à exécution. Il pro-