‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 45 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Qui aurait osé s'attaquer à Marat au moment même cil il conviait ce qu'il appelait le peuple « k se porter en armes à l'Abbaye, à en arracher les traîtres, particulièrement les officiers suisses et leurs complices, et à les passer au fil de l'épée. » Quelle folie, osait-il imprimer dans son journal, « quelle folie de vouloir leur faire leur procès! il est tout fait. Vous les avez pris les armes à la main contre la patrie; vous avez massacré les soldats; pourquoi épargnez- vous leurs officiers, incomparablement plus coupables * ? »

Pendant que Marat prêche ouvertement l'assassinat des prisonniers, la commune s'occupe de remplir les prisons^. Elle donne à son comité de surveillance, pour-

quî n'a pu être donné que par erreur. On doit sentir quo rimprimerio nationale est indispensablement nécessaire au pouvoir exécutif. Deux commissaires de la commune vous exprimeront, messieurs, ses sentiments et ses principes.

« P. Manuel. »

« Ce quo j'apprends m'étonne, messieurs, je croyais les presses nationales rendues; on me l'avait promis, et il paraissait même que ce n'était pas un effort. Votre lettre et une nouvelle réquisition sont portées à l'instant au comité de surveillance, k la mairie, où j'espère que

justice sera faite.

« Signé : Manuel. »

4. Journal de la Répuiflique, n° du ^^ août. t. La Commune invite, par une circulaire en date du 24 août, les quarante-huit sections à faire immédiatement Tinventaire et le dépôt

voyeur ordinaire de œs tristes lieux, une organisation diMinitive. C'est à lui que viennent aboutir les dénonciations reçues jour et nuit dans les comités de chacune des quarante-huit sections parisiennes.

Giûce à cette centralisation de la police politique, servie non-seulement par une armée d'espions soldés, mais encore par une multitude de soi-disant patriotes aux yeux desquels la délation est une vertu, l'inquisition du Conseil des Dix est dépassée. Tout Paris tremble sous la domination du terrible comité, et ce que disait le vertueux Malesherbes, du temps des lettres de cachet, est redevenu vrai en changeant seulement le nom des personnages auxquels est remis le maniement de l'arbitraire.

« Il n'est pas d'homme assez grand pour braver la vengeance d'un commissaire municipal ; il n'est pas d'homme assez petit pour se dérober a l'inimitié du dernier des démagogues. »

Les principaux membres du comité de surveillance étaient Panis et Sergent, conservés administateurs de pohce, quoiqu'ils ne fissent pas partie de la commune insurrectionnelle; deux membres de celle-ci, Jourdeuil et Duplain, leur avaient été adjoints dès le 11 août. Ces

de toutes les pièces qui sont entre leurs mains et peuvent jeter quelque lumière sur l?s crimes du 10 août, circonstances et dépendances, et sur leurs auteurs. Toutes ces pièces, — déclarationsde suspects, dépositions de témoins, dénonciations, procès-verhaux d'arrestation, de perquisition, d'interrogatoire, d'apposition et (!(» lo\é(» de scellés, — devront être réunies à la mairie et, par les soins du procureur de la commune, centralisées et cataloguées entre les mains du comité de surveillance.

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