Journal des Débals el Décrets j p. 25, n
il ne perdront pas l'espoir de revenir en France, s'ils ne sont pas incurables. C'est une espèce de séminaire où nous les envoyons. )> Un député, dont le nom mérite d'être conservé par l'histoire, un simple cultivateur d'Eure-et-Loir, Claye, s'indigne à ce langage et s'écrie : « Il n'y a que quinze jours que vous avez juré de maintenir la liberté et l'égalité, et aujourd'hui vous voulez prononcer une peine rigoureuse contre des individus qui n'ont Tait, en refusant le serment, que ce que la loi leur permettait de faire ! Vous punissez des gens pour la liberté de leur opinion ('omme des criminels de lèsenation. Au moment de terminer notre carrière, ne nous avilissons pas par une loi atroce rendue si précipitamment. »)
I^source, ministre protestant, combat lui-même la motion de Gambon : <t Je m'étais imposé la loi de ne jamais prendre la parole quand il s'agirait de religion et de [)rêtres, étant prêtre moi-même d'une autre religion. Cependant, je parlerai dans ce moment, et sans doute ma [)arole ne sera pas suspecte. Je dis que si vous avez le droit de chasser de France tous les individus qui en troublent la paix, du moment où vous les avez dépouillés de tous les avanU'iges du pacte social, il ne vous est pas permis de leur dire : Vous irez la! Une fois sortis de la socirtt'% ils sont livrés à eux-mêmes, et puisqu'ils ne sont plus citoyens français, ils iront où ils voudront. Si on ne les souffre pas en Europe, ils s'embarqueront, c'est leur affaire... Mais dans quel pays propose-t-on de les envoyer? Faut-il vous rappeler que, sous Louis XV, douze mille Français, envoyés pour peupler la Guyane, y