‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 61 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Avant de raconter les dernières phases de la lutte si vivement engagée entre les dictateurs de l'Hôtel de Ville et la représentation nationale, jetons un coup d'œil sur les dangers qui menaçaient la France et qui auraient dû réunir tous les pouvoirs dans une môme pensée, dans une action commune.

Ces dangers étaient immenses, mais ce n'était point en foulant aux pieds toutes les lois divines et humaines que Ton devait les conjurer. Un peuple n'est vraiment digne de la liberté que lorsqu'il sait envisager de saDg-froid les périls qui le menacent et lorsqu'il trouve

décisions si extraordinaires, si contradictoires, si évidemment contrerévolutionnaires, qui exaspérèrent la population parisienne et la portèrent à se précipiter dans les prisons pour se faire justice elle-même. M. Louis Blanc n'a pas l'air de se douter que les considérants de ces jugements n'étaient : 4 • que la reproduction textuelle du verdict du jury ^Qî. d après la manière dont il avait été choisi dans les sections parisiennes, ne devait pas cependant être suspect de modérantisme; -•que la stricte application de la législation d'alors, qui voulait que '«"jury fût consulté séparément sur la question du fait matériel et sur fe question intentionnelle, questions que le code de 1840 a sagement 'Munies en une seule.

Nous donnons, à la On de ce volume, un certain nombre de do- '^naente inédits sur cette affaire, où Ton avait cherché à confondre ** deux cousins dans une même accusation pour faire rejaillir sur ' ^n l'animadversion qui, à tort ou à raison, pesait sur Tautre. Plus ^^ïOn les confondit dans la même mort, car pendant que Luce était égorgé à la Conciergerie, Armand subissait le même sort à ï' Abbaye.

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assez do force en lui-même pour maîtriser les tumultiuMises inspirations de la peur.

1/ennemi avait envahi le territoire français* il avait investi I^ngwy et Thionville. Cette dernière place avait bravement résisté au\ premières attaques des armées (HMilisées, mais Longwy s'était rendue. Luckner avait été obliw (Kévacuer le camp de Fontov sur l'extrême rnmtière, et de se replier aux environs de Metz. La France n'avait que quatre-vingt seize mille hommes de tmupes de ligne à opposer aux envahisseurs, dont on évaluait le nombre à deux cent soixante mille. Parmi ces envahisseurs, il est triste de le constater, se trouvaient plusieurs corps d'émigrés qui cherchaient à semer la révolte et la trahison dans les rangs de nos soldats^.

Les campagnes du Poitou s'agitaient déjà : une collision sanglante entre les paysans et les gardes nationales des Deux-Sèvres avait eu lieu à Chûtillon. On pouvait déjà le prévoir, les prédictions de Cazalès allaient se réaliser 2; le feu de la guerre civile, que la Législative avait attisé presque à |)Iaisir par une série de mesures plus inconsidérées les unes que les autres, allait éclater et produire dans les provinces de l'Ouest, où il couvait depuis longtemps, un vaste et effroyable 'incendie.

Le 23 août, le ministre des affaires étrangères, Le-

1. Plusieurs lollros. onvoyéos à dos commandant de place, par danrions fn»ros d'armes, furent imprimées, soit par les soins des officiers aux<piels elles étaient adre<s(''es, soit par ceux de TAssemblee léj^islative et de qneUpies municipalités.

î. Voir l" \oIume, p. 3ÎI i" édition, p. 326 2' édition.

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