LIVRE X
Targenterie qui exisle dans les sacristies, et même sur les autels, sera portée à la Monuaie.
Sur une seule question, la commune est décidée à ne pas obtempérer aux ordres de l'Assemblée ; celleci demande le départ des Marseillais, celle-là ne veut l'accorder à aucun prix. ^ C'est vainement qu'à cet égard le ministre de la guerre adresse des prières , des exhortations, des ordres tantôt à la commune, tantôt
mette. Ainsi, le 28 août, on vit arriver à la barre des citoyens chargés de déposer sur le bureau du président une statue de saint Roch en argent.
« Les diverses confréries, dirent-ils, forment dans Tempire un des anneaux de cette chaîne sacerdotale, par laquelle le peuple était esclave; nous les avons brisés et nous nous sommes associés à la grande confrérie des f^ommes libres. Nous avons invoqué notre saint Roch contre la peste politique qui a fait tant de ravages en France; il ne nous a pas exaucés. Nous avons pensé que son silence tenait à sa forme; nous vous l'apportons pour qu'il soit converti en numéraire. Il concourra sans doute plus efficacement sous cette forme nouvelle à détruire la race pestiférée de nos ennemis. » L'Assemblée nationale applaudit à tant de civisme et décrète l'impression de ce beau discours. (Voir le Journal des Débats et Décrets, n°335, p. M 3.)
Les mesures prises par la Commune rencontrèrent une très-vi\e opposition de la part d*un& partie de la population parisienne; des rassemblements se formèrent autour des églises pour en empêcher la spoliation. Manuel dut lancer une proclamation écrite avec son emphase ordinaire : a Le premier des cultes, c'est la loi... C'est le besoin même du peuple qui a provoqué la suppression des cloches superflues..., de ces cloches qui, pour flatter ror;^uejI des riches, ennemis de l'égalité jusque dans les tombes, troublent le sommeil
des pauvres » Les phrases de xManuel ne produisirent pas l'ef-
H qu'il vn attendait. La commune fut obli^'ée d*ordo(n:er k Santerre de recourir à la force, si besoin était, et de prescrire aux seclions de faire sortir des tours des églises les personnes qui voulaient s'opposer à l'enlèvement des cloches. (Procès- verbal du ?9 août.)
aux Marseillais eux-mêmes. L^une tient à avoir des sicaires sous la main pour accomplir les desseins qu'elle médite, les autres se montrent très-peu disposés à courir chercher, dans les plaines de la Champagne et de la Lorraine, des périls plus réels que ceux qu'ils sont censés avoir affrontés devant la façade des Tuileries^.
4. Nous ne voudrions calomnier personne, pas môme ces fameux Marseillais qui, du reste, p<»ur ia plupart, n'avaient de Marseillais que le nom. Mais on se demande comment ce Ltataiilon, qui s^étail formé dès les premiers jours de juin, put rester à Paris plus de deux mois, do S9 juillet à la fin de septembre, lorsque huit jours de marche le séparaient à peine des avant-postes de l'armée prussienne. Nous ne pourrions expliquer ce mystère si nos recherches ne nous avaient fait découvrir plusieurs documents complètement inédits, qui nous apprennent à quoi s'occupaient ces prétondus défenseurs de la patrie. Us se faisaient allouer des indemnités sous toute sorte de titres et sur toute sorte de caisses. Non contonts de la somme que Choudieu leur fit accorder dans la séance du 40 août 'voir la p. 363 du tomeU\ pour solde et frais de voyage et du pnH de trente sols par jour qu'ils touchaient, ils se firent compter, le M août, 3,000 1. par la commune sur la cais-e dite do la fetleration. Ils obtinrent, le 21 août, du ministre de la jîuorro et du conseil exécutif le prix des armos qu'ils a\ aient, disiiiont-iis, perduos dans la journée du 10. On comprend dillioilemenl que des vainqueurs perdent leurs armes dans un combat qui n'a duré que trois quarts d'heure. Mais k^ Marseillais du lu août étaient des héros dun genre tout sj^écial : car lorsque, après être restés deux mois à Paris, s'y ôlre gorgés do vols et de sang, avoir joué un rôle très-actif dans les visites domiciliaires du 29 août et dans les massacres de septembre, ils songeront à quitter la capitale, ils n'eurent pas la moindi-e i<lée d'aller retrouver à Valmy les braves qui défendaient le sol sacré de la France. Ils tournèrent le dos au danger et demandèrent à retourner à .\farseill«'. Le pouvoir exécutif les supplia de se rendre au moins à l'armoe du Midi; les Mar- SiMllais consentirent très-probablement à recevoir rétat>e, mais noù» n'avons pu savoir s'ils rejoignirent jamais cette armée; dès qu'ils