‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 66 sur 262 · LIVRE X. \n · texte numérisé non relu

LIVRE X. \n

CepeDdaDt la lutte entre la commune et l'Assemblée continuait, tantôt latente et sourde, tantôt ouverte et bruyante. Parfois, elle éclatait en accusations passionnées, en récriminations acrimonieuses. Dans d'autres moments, elle prenait les formes voilées d'une pétition ou d'un ordre du jour,, qui semblaient ne respirer que la confiance et la fraternité. Les deux pouvoirs rivaux paraissaient sans cesse vouloir enchérir l'un sur l'autre pour accaparer la faveur populaire et se disputer le monopole du patriotisme et de l'énergie révolutionnaire.

Le î25 août, Tallien, en sa qualité de secrétaire-greffier de la commune, écrit officiellement au président, pour lui annoncer que des députés se munissent de passe-ports sous des noms supposés. Cette accusation, au premier abord, semble n'incriminer que quelquesuns des membres de la Législative; mais, par le vague dans lequel elle est formulée, elle peut faire planer sur chacun d'eux le soupçon qu'il pense à déserter son poste au moment du danger. L'Assemblée sent qu'elle est perdue devant l'opinion publique, si elle n'y répond par une éclatante protestation. A la voix de François de Neufchâteau, die se lève tout entière et jure de demeurer à Paris jusqu'à

^Dt quitté Paris, on perd complètement leurs traces. Comme nous •^avançons rien que les preuves on main, on trouvera à la fin de ^ volume les pièces authentiques qui justiûent toutes nos asser-

la réunioD de la CoDventioD nationale; elle ordonne que la prestation solennelle de ce serment sera consignée dans un extrait du procès- verbal, ofQciellement envoyé aux sections de Paris et à tous les départements par des courriers extraordinaires.

La rédaction de cette pièce, évidemment due à la plume habile de François de Neufchâteau , est très-curieuse à étudier, quand on songe à la situation délicate dans laquelle étaient placés les représentants du peuple. L'Assemblée feint de ne pas prendre en mauvaise part la dénonciation doucereusement perfide que Tallien est venu réitérer a sa barre ; mais, en mi^me temps, elle fait entendre aux membres de la commune qu'elle n'est pas dupe des protestations de respect que le secrétaire-greffier lui a prodiguées en leur nom. Dans ce procès- verbal où abondent les sous-entendus et les réticences, elle prend acte de la confiance que les dictateurs de l'Hôtel (le Ville ont déchue professer pour son patriotisme, rappelle incidemment les ap[)réhensions qui se sont manifestées à plusieurs reprises au sujet des dispositions que Ton accuse la commune, à tort, dit-elle, d'entretenir contre la future Convention, puis, sous le bénéfice de ces réserves, finit par déclarer que les nouveaux représentants du peuple sont assurés de ne trouver à Paris, comme les députés actuels, que des concitoyens et des frères^!

I. Collection des lois, ainu'»e 1792, t. X, p. 6i4; Journal de$ Débats et Décrets j n" 333, p. 74, n" 334, p. 87; Moniteur ^ p. lOiO

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