LIVRE X
ils ne s'étaient eux-mêmes investis qu*à titre temporaire. ils étaient avertis que la commission extraordinaire préparait secrètement un décret qui devait prononcer la dissolution de la commune insurrectionnelle et la remplacer, soit par l'ancienne municipalité, soit par une commission législative*.
En présence de pareilles rumeurs, la commune se sent menacée et comprend que, pour continuer d'exister, il faut qu'elle se rende nécessaire. Un seul homme peut la sauver, et cet homme, c'est Danton. Depuis qu'il a quitté les humbles fonctions de substitut du procureur de la commune pour aller s'installer au ministère de la justice, il û a pas cessé d'être en relations de chaque jour, de chaque heure, avec ses anciens complices de l'Hôtel de Ville. Une étroite solidarité existe entre eux; cette solidarité a fait jusqu'ici sa force, mais elle menace de l'eolrainer dans la ruine de la commune, si celle-ci vient à succomber dans la lutte qu'elle a entamée avec la reprfcentation nationale. Dans le conseil exécutif il est isolé ; Roland , Clavière , Servan , Lebrun , sont complètement sous rinfluence girondine ; le ministre de la manue, iMonge, ne compte pas. Si, au 10 août, on l'a porté ^u ministère, lui, le tribun des Cordeliers, c'était uniquement pour donner une satisfaction passagère à l'élé-
L Nous trouvons Taveu formel de cette circonstance dans un écrit 9i^ Chabot adressa plus tard à Brissot, et dans lequel, invoquant le ^^moignage de Gohier, il se vante d'en avoir été faire lui-même la proposition à la commission extraordinaire. Ce pamphlet est repro- "''it in extenso, au tome XX, p. 443, de V Histoire parlementaire ^^ MM. Bûchez et Roux,
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ment ultra-révolutioDDaire. N'a-t-on pas dit de lui : o G^esl le levain qui fait lever la pâte? » Mais à présent que les circonstances paraissent changer, on parle de le remplacer par un homme moins compromettant , a6n d^établir la parfaite homogénéité du cabinet. La commune peut donc compter sur lui. En la sauvant il se sauve luimême.
Habile autant qu*audacieux , Danton, une fois d*accord sur tous les points avec les meneurs de rHôte! de Ville, saisit la première occasion pour entretenir ses collègues des dangers publics à Tintérieur et à Textérieur. II leur parle des agitations auxquelles il faut mettre un terme, des entraves apportées au commerce par la fermeture intermittente des barrières, du manque d'armes pour les volontaires qui se rendent aux armées. Il leur insinue que des visites faites à domicile amèneraient certainement la découverte de beaucoup de fusils et de munitions; qu'elles ne peuvent avoir de grands incon— ' vénients, et qu'elles auront l'immense avantage de fair^ cesser, une fois pour toutes, les perquisitions partiell qui ne donnent que des résultats très-médiocres, au pri d'inquiétudes sans cesse renaissantes.
Le conseil des ministres se laisse persuader par raisonnements, il adopte la résolution que Danton 1 propose*. La délibération prise, le ministre de la justice hâte d'entraîner ses collègues à l'Assemblée, alln que Girondins, en voyant leurs amis sanctionner par leur p
r Nous avons retrouvé la délibération même quo Danton fi* prcn ire par le conseil exécutif, et dont il était armé lorsqu'il vînt^