‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 69 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

sence les propositioDS qu'il va faire, ne puissent eu soupçonner ni la véritable origine ni la portée réelle. A peine est-il entré dans la salle, qu'il réclame la parole au nom du salut de la patrie , et s'écrie :

« Nos ennemis ont pris Longwy, mais la France ne résidait point dans Longvvy... Ce n'est que par une grande convulsion que nous avons anéanti le despotisme dans la capitale ; ce n'est que par une convulsion nationale que nous pourrons chasser les despotes, •.

<( Quand un vaisseau fait naufrage, l'équipage jette a la mer tout ce qui l'exposait à périr; de même tout ce qui peut nuire à la nation doit être rejeté de son sein, et tout ce qui peut lui servir doit être mis à la disposition des municipalités, sauf indemnité aux propriétaires.

(c On a, jusqu'à ce moment, fermé les portes de la cale 98 août au soir, proposer à l'Assemblée le fameux décret sur les visites domiciliaires. Elle est ainsi conçue :

c Le conseil, considérant qu'aucun moyen ne doit être négligé pour se procurer des armes, arrête que les sections seront invitées à nomnn«r des commissaires pour faire au plus tôt les visites nécessaires <^l3ez les citoyens pour rassembler les fusils et autres armes qui peu- "^ ent s'y trouver.

« Le conseil exécutif se rendra à l'Assemblée nationale pour obtenir <l^'elle décrète à l'instant V ouverture des barrières de Paris. »

Us barrières de Paris, closes le 10, le 41, le 12 et le 13, entr'ou- "verles le 14, après une visite générale des hôtels garnis, refermées le ^5 et le 46, furent, du 17 au 29, à moitié libres. Ceux qui voulaient ^«franchir de\ aient être pourvus de passe-ports, dont les assemblées Çttiérales des sections autorisaient la délivrance (arrêté du 12 août), ^ qui n'étaient signés à la mairie que sur la déclaration de témoins • corporellement responsables de l'identité des personnes par eux pré- '^niées » [arrêtés des 13 et 18 août .

pitale, et l'on a eu raison. Il ëtait important de se saisir des traîtres; mais, y en eut-il trente mille à arrêter, il faut qu'ils soient arrc^tés demain, et que demain Paris communique avec la France, entière... La municipalité est investie du droit de saisir tous les hommes siispects, mais que, dès demain, le peuple français puisse venir vous défendre et communiquer avec les habitants de Paris. Nous demandons que vous nous autorisiez à faire faire des visites domiciliaires. Il doit y avoir dans Paris quatre-vingt mille fusils... Tout appartient à la patrie, quand la patrie est en danger*... »

A peine Danton a-t-il fini de parler que Merlin (de Thionville) s'élance à la tribune et demande que ron passe la nuit, s'il le faut, pour discuter et décréter les mesures que vient de proposer le ministre de la justice. Celui-ci avait eu soin d'apporter, tout préparé, un projet de décret; Merlin s'en empare et le convertit en motion :

d" Des visites domiciliaires seront faites, par \es officiers municipaux et leurs délégués, dans toutes les communes de France, afin de constiiter la quantité des munitions et le nombre des armes, chevaux, charrettes et chariots qui se trouveraient chez les citoyens;

2° Chaque section de Paris nommera trente commis — saires pour procéder à ces visites, qui devront être faites> immédiatement et terminées dans la huitaine;

•V Les visites aussitôt terminées à Paris, des passe —

1. Monileur, p. 1033; Jouniai des Delta (s et Décrets, p. ^ST,

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