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3. Nous avons retrouvé la minute de la lettre que Péiion adressa aux commissaires de la commune insurreclionneile pour récripituler les conseils qu'il leur avait donnés de vive voix, quand il avait paru un instant parmi eux, mais sans oser reprendre la présidence de l'assemblée qui lui appartenait cependant xie plein droit. En lisant ces
plaudi , acclamé comme autrefois , le premier magistrat de Paris se figure n'avoir rien perdu de sa popularité. Mais combien il se trompe! Durant sa courte captivité, à moitié volontaire, d'autres chefs se sont intronisés à sa place. Ils lui conservent encore l'apparence du pouvoir, mais ils en ont accaparé la réalité. Le maire nomi-
conseils, on se prend à rire de pitié pour celui qui les donnait s'il pouvait s'imaginer un instant qu'ils seraient écoutés :
« Messieurs et collègues , a L'intérêt public et votre gloire exigent que vous conduisiez, avec fermeté et prudence, jusqu'à son terme, la grande entreprise que vous avez si courageusement commencée. Je vais dire la vérité à des hommes dignes de l'entendre. Les premiers moments exigeaient beiiucoup de célérité dans les mesures. Ceux actuels permettent plus d'examen et de discussion. L'essentiel n'est pas de beaucoup faire, mais de bien faire; avec l'enthousiasme on fait de grandes choses, mais c'est avec la raison qu'on les conserve, avec la justice qu'on les fait chérir. Il ne faut pas croire que toute idée civique doive devenir à l'instant l'objet d'un arrêté, et que le vœu particulier d'une section doit être transformé en volonté communale. Nous devons vouloir tout ce qui est bien, mais il faut distinguer ce que nous avons le droit do faire par nous-mêmes d'avec ce qui est h(>rs de nos pouvoirs. Nous sommes ditfis celte circonstance heureuse que l'Assemblée nationale veut le salut du peuple et se montre avec énergie. Elle est toujours prête dès lors à consacrer tous les moyens de prospérité publique qu'on lui présentera. C'est donc avec elle , c'est sous son égide qu'il faut marcher ; prenons dans nos assemblées une attitude imposante ; ayons le calme du courage et la dignité des hommes libres, oublions notre amour-propre pour ne penser qu'à l'amour du bien public. Pourvu que le bien se fa^»se, qu'im(;orte qui l'a fait? Tout nous annonce le dénouement le plus heureux; la liberté est à nous. Elle est à nous tout entière si nous savons la suivre dans ses dévelopfwments et la conserver. Le«^ commissiiiros de 92 tiendront dans l'histoire une place aussi honorable que les électeurs de 89. »