‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 8 sur 262 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

nal j)eut, s'il lui plaît, prononcer des harangues, rédiger des circulaires et des adresses, recueillir même des applaudissements; il ne dirige, il n'inspire plus rien. Robespierre, du coin obscur de la salle où les regards des spectateurs le cherchent et le découvrent à grand'peine, gouverne désormais la commune.

On ne Tavait vu nulle part, ni dans la nuit du 9 au 10 août, ni dans la matinée du 10. Le triomphe de la démagogie une fois assuré, il avait paru le soir dans la salle des Jacobins et y avait reçu les hommages de ses séides^. Le lendemain matin, il s'était fait nommer par sa section (celle des Piques, ci -devant de la place Vendôme) membre de la nouvelle commune. Durant les six semaines que Robespierre siégea à l'Hôtelde- Ville (du 11 août au 22 septembre), la présidence fut occupée par un grand nombre de membres , la plupart assez obscurs^; jamais le célèbre tribun ne consentit à prendre le fauteuil. Il remplit des missions temporaires, mais n'accepta aucune charge permanente. S'il ne demandait pas mieux que d'aller intimer, au nom de la commune, à l'Assemblée législative, des ordres qui n'admettaient pas de réplique, il tenait surtout à conserver sa liberté d'action , et ne voulait être enchaîné à aucune fonction, quelque brillante qu'elle fût. Il com-

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