LIVRE X
moment si quelques passions particulières, si quelques espérances trompées ne sont pas les causes de ces réclamations dictées à la section des Lombards par quelques intrigants bien connus; nous dirons seulement que le vœu d'une seule section ne peut priver la commune de ses représentants reconnus et avoués par la majorité. En voici la preuve : Votre décret ne fut pas plutôt connu, qu'un grand nombre de sections vinrent nous apporter des actes d'adhésion à tout ce que nous avons frit et confirmer les pouvoirs donnés à leurs commissaires. Le peuple réuni dans les tribunes de notre salle et sur la place de la maison commune manifesta par ^ cris non équivoques que nous étions encore les représentants du peuple et que nous n'avions pas perdu sa confiance.
« Législateurs, vous venez d'entendre non pas notre
P^tification, nous n'en avons pas besoin, mais le récit '^cinct et exact de nos opérations. Ce que nous avons f^it, nous le répétons avec plaisir, sûrs de n'être pas ^mentis, le peuple Va sanctionné. Si vous nous frappez, fii^ppez donc aussi le |)euple cjui a fait la révolution le i& juillet, qui Ta consommée le 10 août, et qui la maintendra au milieu de tous les périls ^ de toutes les contrariétés, et malgré tous les intrigants couverts du Masque du patriotisme.
« Il est réuni en ce moment, le peuple, dans ses
assemblées primaires, et y exerce sa souveraineté ; con-
sullez-Ie, qu'il parle, qu'il prononce entre nous et nos
iàches calomniateurs; qu'il nous ordonne d'abandonner
^ poste que nous avons tous juré de défendre jusqu'à la
ni 4^
mort, et nous lui obéissons sur-le-^hamp ; qu'il nous retire le dépôt qu'il notis confia le 10 août, et, à Vinsiant, nous le lui remettons pur et intact; nous retournerons dans nos foyers, contents d^ avoir fait le bien et avec wu conscience irréprochable. Telle est^ législateurs, la réponse que nous avions à faire à votre comité des Vingt et Un. Il a travesti les faits, nous venons les rétablir; il a ca^ lomnié nos intentions^ il nous tardait de repousser atsee une indignation civique les inculpations qui nous étaient faites, saiis jamais cependant yious écarter du respect dâ aiLX représentants de la nation.
(( Vous nous avez entcodus, prononcez, nous sommes là. Les hommes du 10 août, dégagés de tout intérêt personnel, ne veulent que la justice, nous l'attendrons de vous; s'il faut faire des sacrifices d'a^nour^propre, d'intérêt particulier, tious les ferons sans balancer, nuits jamais nous ne composerons avec nos devoirs, jamais nous ne trahirons les intérêts du peuple, une pareille lâcheté est indigne de nom, est indigne de nos conci" toyens, et jamais, non jamais^ elle ne souillera les pages de la Révolution française. »
Pendant la lecture de ce long morceau d*éIoqueQoe, où les noms d'intrigants, de calomniateurs, d'imposteurs étaient prodigués aux membres de la commission extrdortlinaire, T Assemblée était restée muette et impassible. A peine Tallien a-l-il achevé sa harangue que le procureur syndic Manuel demande Tautorisation d'ajouter une seule rétlexion ; s'appuyant sur le vote malencontreux au moyen duquel les représentants de la nation avaient essayé d'adoucir, comme si cela eût été possible, le