‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 84 sur 262 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

eussent réussi ; mais nous Tavons fait avec ménagement, et ils ont tous été remis entre les mains des tribunaux, qui bientôt sans doute vengeront les insultes réitérées laites à la souveraineté nationale.

« Nous avons proscrit les journaux incendiaires, et en cela nous avons encore sauvé la chose publique.

« On nous reproche les arrestations, et on veut les fiiire regarder comme illégales; mais ne nous avez-vous pas donné par un décret le mandat d'arrêt? Ne redoutez pas que nous abusions de ce pouvoir. Les juges de paix Tont avili; nous, nous l'honorerons en n'en faisant usage que pour frapper les têtes des conspirateui's.

tt Nous avons fait des visites domiciliaires : qui nous l'avait ordonné ? Vous. Quel en était l'objet ? De se procurer des armes. Eh bien ! demain, nous vous les apporterons, ces armes, et vous les enverrez à ceux de nos frères qui avaient été envoyés sur nos frontières, sans aucun moyen de défense, par le pouvoir exécutif que vous avez anéanti à si juste titre.

tt Nous avons fait arrêter des prêtres perturbateurs, nous les avons fait enfermer conformément à votre décret, et sous peu de jours le sol de la liberté sera purgé de leur présence * .

« On nous a accusés d'avoir désorganisé l'administra-

^ Tous les historiens attribuent ce mot affreusement prophétique à TsilioD parce que ce fut lui qui le prononça, mais il le prononça au '^ et par ordre de la commune.

Cette menace, qui allait se réaliser dans les quarante-huit heures, savait point échappé à Femporlement de l'improvisation; elle avait *^ froidement préméditée, Robespierre l'avait insérée de sa main

ne HISTOIRE DR LA TERREUR.

tion; à qui en attribuer la faute? Aux adminislratean» euK-niémes. Où la plupart d'entre eux étaient-ils dans ces jours de péril? On ne les rencontrait nulle part Plusieurs même n*ont point encore paru à la maison commune. JaUnix, cependant, de repousser ce reproche injuste, nous alltms vous donner lecture de l'arrêté que nous avons pris hier, et qui répond victorieusement à toutes ces absurdes calomnies répétées avec tnnt de perfidie^. . . .

« Une section est venue réclamer dans votre sein contre nos opérations'^. iXous n'examinerons pas en ce

dans radresso dont Tallien avHÎt été chargé de donner lecture. Ce seul fait, et il en existe d'autres encore, suffirait pour associer le cautetou tribun au crime inexpiable dont, en France, la liberté porte encore le poids.

1 . Ici, Tallien lit l'arrêté municipal qui rappelle les anciens administrateurs à leurs fonctions; nous le publions à la Gn de ce volume. Ni le Moniteur ni le Journal des Débals et Décrets, dans la version qu'ils donnent de l'adresse-Robespierre, ne fooi allusion à cet arrêté du 30 août, de façon que l'on ne peut comprendre, en suivant leur version, ce que Pélion voulait dire, dans son discours de présentation des délégués municipaux, par celte fnesure concilinlrice qui devait mettre sur-le-cliamp Vadminislratitm « activité. Go qui prouve une fois de plus qu'il est impossible de se rendre un compte exact des événements si compliqués de cette période de l'histoiro de la Révolution, en s'en tenant à Tétude exclusive du Moniteur ou de telle autre feuille de l'époque. Ce n'est qu'en réunissant tous les documents et en les contrôlant les uns par les autres quo Ton peut arriver à découvrir la vérité.

2. Il y en avait au moins deux , les sections des Lombards et de la Halle au blé; d'autres avaient fait entendre des plaintes très-vives contre la commune; mais naturellement, pour le besoin de sa cause, Robespierie uen croit pas devoir tenir compte.

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