‹ Histoire de la terreur, 1792-1794 (volume 4)Chapitre 88 sur 262 · LE COMITÉ DE SURVEILLANCE · texte numérisé non relu

LE COMITÉ DE SURVEILLANCE

Nous voici arrivé à la veille des journées de septembre. Depuis soixante-dix ans le souvenir de ce lugubre épisode de la Terreur pèse si lourdement sur la conscience publique, que certains historiens se sont étudiés à en ^Jéplacer la responsabilité au pro6t de leurs rancunes et ^ leurs haines. Aussi , combien de fausses appréciations, d'erreurs calculées, de théories éhontées, n'ont-ils Rs accumulées à Tappui et pour le développement de l^rs thèses. Néanmoins toutes les questions par eux si ^ïvement débattues peuvent se ramener à une seule :

Les massacres de septembre furent-ils le produit d'un •^^ouvement instantané et irrésistible du peuple de Paris l^i, saisi d'un effroyable acoès de délire à la nouvelle de '* prise de Longwy et de l'investissement de Verdun, ^oulut, avant de s'élancer contre les envahisseurs, "^ débarrasser, au nom du salut public , de tous les pri- ^nniers qu'on lui avait appris à considérer comme les ^mplices de Brunswick et de l'émigration? Ne furent-

ils pas, au contraire, le crime d'une poignée de scélérats qui, sentant le pouvoir leur échapper des mains, résolurent d'aller le ramasser dans la boue sanglante da

ruisseau de l'Abbaye, et de terrifier la capitale pour en rester les dominateurs exclusifs.

Que certains écrivains qui louent la commune de Paris d'avoir « nettoyé les prisons*, » ou qui ne rougissrat pas de qualifier ce crime immense du titre de « grand acte de justice populaire^ », aient cherché à en étendre le mérite à toute la population parisienne^ sinon au peuple français tout entier, nous le concevons facilement, et, quant à nous , nous ne chercherons pas à discuter avec eux. Mais que des historiens qui vouent à TexécratioD des siècles futurs et les massacres de septembre et leurs auteurs, s'associent de propos délibéré aux impudents mensonges propagés jadis par les folliculaires aux gages (les dictateurs de l'Hôtel de Ville, épuisent une incontestable habileté à torturer les faits, à rapprocher des circonstances misérablement insignifiantes, à les grossir outre mesure pour écarter de ces sinistœs événements toute idée de préméditation; que ces historiens, qui s'intitulent les amis ardents et exclusifs du peuple, essayent de reporter sur le peuple lui-même la terrible responsabilitt^ de forfaits inouïs et déclarent « qu'ils formeat les vœux les plus sincères et les plus vifs, afin que. pour l'honneur de la France et de la nature humaine,

4. Expression omployée par M. Alphonse Esquiros dans sonHUtoire des Montagnards, p. 149.

2. Â. Marrast et Dupont (de Bussac), Fastes de la Révolulitm, p. 342.

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