LIVRE XXI
nient à eux. des précautions inqui si tonales dont la Commune voulait l'entourer. Cambacérès fit part à l'Assemblée des réclamations du roi, et sur sa proposition, il fut décrété : « que les conseils choisis par l'accusé pourraient librement communiquer avec lui, et qu'il lui serait fourni des plumes, de l'encre et du papier. »
A ce décret rendu dans la matinée du 12, la Commune répondit aussitôt par un arrêté qui aggravait encore les mesures acerbes contre lesquelles Louis XVI avait réclamé.
« Le Conseil générai de la Commune de Paris, con- « sidérant qu'il est comptable à la République entière « du dépôt qui existe à la tour du Temple et que la « loi lui permet de prendre toutes les mesures que lui » dicte l'intérêt public, arrête :
<i 1" Qu'il maintient son premier arrêté;
« 2° Que le conseil accordé à Louis par la conven- » tion nationale sera scrupuleusement examiné, fouillé « jusqu'aux endroits les plus secrets; et qu'après s'être « déshabillé, il se revêtira de nouveaux habits, sous la ic surveillance des commissaires, et que dans ses opéra- « tions, il ne pourra communiquer avec Louis qu'en « présence des commissaires;
« 3° Que le conseil ne pourra sortir de la tour « qu'après le jugement du ci-devant roi;
<( ka Que le conseil prêtera serment, ainsi que les a commissaires , de ne rien dire de ce qu'ils auront « entendu.
« Arrête enfin que le présent arrêté sera envoyé à
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a la Convention nationale par les citoyens Arbeltier, « Cheneaux ei Defavanue, en l'invitant, au nom de la « tranquillité publique, d'approuver Jes mesures de- « sûreté prises par le Conseil relativement aux circon- « stances importantes dans lesquelles se trouve la Répu- « blique.
« Les commissaires sont en outre autorisés à repré- « senter à la Convention l'inconvénient qui résulte « de faire rentrer Louis Capet. pendant la nuit, au « Temple.
« Meacerrao, président;, « CoulommwVU secrétaire. »
Les olîiciers municipaux porteurs de cet arrêté seprésentent, dès le 13 au matin, à la barre de la Convention pour en donner lecture 1. lis sont écartés
J. Lv Moniteur donne cet ai-rôle dans son numéro 3-iiO, mais avec quelques variâmes ou omissions. Nous avons rétabli le lexte officie!après l'avoir collalionné sur la pièce déposée sur le bureau du président de la Convention.
Lors de lu transcription de cet arrêté sur les registres de la Commune, le secrétaire a omis, certainement à dessein, ies deux membres de phrases, imprimés en italique, dont la lecture avait excité les plus violents murmures dans le sein de la Convention [Moniteur, n° 3!>1 ). Il fallait une singulière audace pour faire disparaître d'un texte officiel une phrase insérée par deux fois au Moniteur, mais la Commune nereculait devant aucune espèce de mensonge.
Nous avons retrouvé la lettre écrite par les délégués de la Commune au président de-la Convention. Ils ont l'air de regarder comme une simple mesure de précaution l'exorbilant arrêté dont ils sont porteurs. Leur lettre est ainsi conçue:
a Monsieur îe Président,
a Unedépulation de la Commune de Paria demandea être introduite
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