LIVRE XXIII
publics ne sont pas encore passés. Salles insiste pour que l'on brise immédiatement « un instrument révolutionnaire qui chaque jour peut faire naître de nouveaux, mouvements, ramener de nouveaux massacres. » — « Oui, oui, s'écrie Marat, nous savons les motifs de cette demande. Les intrigants ont hâte de se soustraire à la surveillance des patriotes. » Mais les injures de Y Ami du peuple ne font pas grand effet sur la majorité. Robespierre se décide alors à combattre de toute l'autorité de sa parole une proposition dont nul mieux que lui ne comprend l'importance. « Je crains, dit-il, que, une fois la vigilance des sections disparue, on ne veuille, en excitant perfidement une émeute populaire, violer le dépôt à la fois fatal et précieux qui est au Temple. Que sais-je, moi, au milieu de tant d'étrangers qui affluent dans Paris, que sais-je cequi se tramera quand le peuple sera dispersé !... Les sections, au commencement delà Constituante, ont maintenu la tranquillité; elles ont fait la révolution; elles l'ont soutenue contre les aristocrates et contre les perturbateurs. La tranquillité règne en dépit de quelques factieux, elle règne dans les seclions et ce sont les sections qui la maintiennent1. »
Robespierre avait entremêlé son discours de toutes sortes de récriminations contre Roland et contre la droite, de toute espèce d'éloges pour ceux qui, « comme lui, avaient le courage de résister au ministre. » Aussi réussitil merveilleusement à égarer la discussion et à empêcher qu'il ne soit immédiatement donné suite à la motion de