LIVRE ^XIV
Aussitôt après cette nouvelle proclamation , Bréarcl demande : 1° que les secrétaires se retirent dans un bu-
Additionnant les (rois chiffres donnés par le procès-verbal officiel :
■â86 pour la détention on lo bannissement,
46 pour la mort avec sursis, •1 pour les fers, on arrive au môme résullat : 334.
Aucun historien ne parait avoir relevé le fait assez bizarre du Moniteur > insérant dans son récit la remarque suivante, que l'on croirait émanée du président lui-môme : « Ainsi le vote de Mailho, celui des membres qui, conformément à sa motion, ont démandé une discussion sur i'époque de l'exécution, n'ont point été comptés parmi les volants pour la mort, non plus que ceux qui ont expressément voté pour le sursis. »
On voit par cette mention combien il paraissait, douteux aux yeux mêmes des témoins de ce drame funeste, que l'on dût compter pour la mort ceux qui avaient déclaré adhérer à l'amendement Mailhe, amendement dont la portée avait été expliquée d'une manière si évasive par son auteur, et qui, d'ailleurs, ne lui appartenait plus en propre, puisque vingt-cinq de ses collègues y avaient adhéré.
La majorité pour la mort sans restriction n'était donc pas do 387 comme la donne la proclamation du 18, ni de 366 comme la donne celle du 47, mais bien de 364, c'est-à-dire d'une demi-voix au délit du chiffre indispcnsablcmcnt nécessaire.
En présence de cette majorité d'une demi-voix, rappelons sans commentaires : 4° que sur cinq membres qui s'étaient récusés, quatre au moins étaient certainement favorables à Louis XVI : Morisson, qui avait soutenu la thèse absolue de l'inviolabilité royale et avait demandé qu'il fût alloué a Louis, après son bannissement, une pension de 500,000 francs; Noël, qui s'était abstenu pour un motif tout a fait individuel, mais qui montra jusqu'à sa proscription, en octobre 'l 793, les sentiments les plus humains; Chevalier et Debourges, qui s'étaient déclarés partisans de l'appel au peuple; 2° que, parmi les 361 votants pour la mort sans restriction, il y avait cinq commissaires aux armées arrivés dans la nuit et qui étaient notoirement con-
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reau pour rédiger le procès-verbal complet du jugement du roî; 2° que ce jugement soit aussitôt imprimé et envoyé aux quatre -vingt -quatre départements avec une adresse destinée à expliquer au peuple français les motifs qui ont déterminé le décret rendu par la Convention.
« Pourquoi cette adresse? s'écrie Thuriot. N'aviezvous pas incontestablement le droit de juger le tyran? N'aviez-vous pas reçu de la nation en masse tous les pouvoirs nécessaires pour l'exercice de la souveraineté? En publiant d'inutiles instructions aux départements, l'Assemblée accréditerait elle-même l'opinion qu'elle a outre-passé ses droits, et qu'elle a besoin de justification. ))
Cet incident n'a pas dans le moment d'autre suite; le président Vergniaud déclare la discussion ouverte sur la question du sursis.
« Je demande, s'écrie Tallien, que la question soit décidée séance tenante; l'humanité l'exige. Louis sait qu'il a été condamné; il sait qu'un sursis a été demandé... Décidons sans désemparer, afin de ne pas prolonger les angoisses.
— Appuyé, appuyé! aux voix! » cric la Montagne.
nus pour n'avoir pas assisté aux débats, puisqu'ils étaient absents depuis plus d'un mois. Celte prétendue majorité n'était-efle pas une véritable minorité? Quel est le tribunal régulier qui n'aurait reculé devant l'idée de laisser exécuter une sentence de mort rendue dans des conditions semblables, eût-elle été prononcée contre le dernier des criminels?