‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. cinquièmeChapitre 25 sur 272 · LIVRE XIX · texte numérisé non relu

LIVRE XIX

crons la mémoire des rois, et comme vous, nous avons prêté le terrible serment de ne jamais reconnaitre leur autorité... Roi de Jérusalem et de Chypre, ne nous regarde plus comme tes sujets, car nous avons juré de vivre libres, et nous sommes prêts à mourir plutôt que de retomber dans l'esclavage... La Savoie libre va manifester sa suprême volonté pour la réunion à votre empire... Son désir, comme le vôtre, sera de se jeter dans le sein de la République française, et de ne plus faire avec elle qu'un peuple de frères. Quant à nous, nous le jurons. »

Montesquiou et Anselme ayant demandé des instructions relativement à l'occupation de Nice et de la Savoie, le comilé diplomatique déposa enfin le rapport qui, depuis près d'un mois, lui était demandé. Lasource concluait ainsi en son nom 1 :

« Défendre aux généraux de prendre possession d'aucun territoire, au nom de la nation française, qui ne veut posséder que ce qu'elle a; leur ordonner de proclamer, en entrant dans un pays, que la nation française le déclare affranchi du joug de ses tyrans, et libre de se donner, sous le protectorat des armées de la République, telle organisation provisoire, telle forme de gouvernement qu'il lui plaira d'adopter. »

La Convention ordonna l'impression du rapport, et ajourna l'adoption du décret proposé2.

I. Débats, n° 34, p. 573. — Moniteur, n5 2%. S. Voir, au Moniteur et au Journal des Débats cl Décrets, le compte rendu de la séance du 24 octobre.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Le 29 octobre, les Savoisiens résidant à Paris donnèrent aux Champs-Elysées un banquet pour « fêter la libération de leur pays par les conquérants philanthropes. » Cinq conventionnels y assistaient : Hérault-Séchelles, Thuriot, Ànacharsis Clootz, Mercier etLequinio (du Morbihan). Français et Savoisiens se portèrent mutuellement les toasts les plus ardents. On mit solennellement en liberté toute une volière de petits oiseaux; puis on but, sans doute sur la proposition de Y orateur du genre humain, « à la santé de tous les hommes qui ne se divisent plus qu'en deux classes, les libres, les esclaves, et sont tous frères ! » Enfin, musique en tête et le drapeau de la liberté universelle déployé, on se porta au club des Jacobins, où l'on reçut leplussympathiqueaccneil 4. Quelques jours plus tard, ces mêmes Savoisiens venaient lire à la Convention une pétition demandant l'union de leur patrie à la France2.

L'Assemblée, malgré ces manifesta lions, évidemment organisées par ceux qui pensaient comme Danton et Lacroix, prononça simplement le renvoi au comité de législation.

Sur ces entrefaites, arrivaient à Paris deux délégués porteurs d'une adresse des corps administratifs de

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