‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 112 sur 237 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

On lui demande pourquoi i) a doublé les postes du Château , pourquoi il a donné l'ordre de battre la générale; pourquoi il a fait braquer des canons sur les différents ponts? fidèles à la tactique éternelle de la démagogie, les municipaux qui sont dans la confidence des conspirateurs rejettent sur lui la responsabilité des événements qui peuvent survenir, lui reprochent d'être ]a cause de l'effervescence qui existe dans Paris et lui déclarent qu'on a pris des arrêtés pour prévenir tous les désordres que ses apprêts intempestifs ont occasionnés1.

Mandat explique qu'il a ordonné de battre le rappel et non la générale, qu'il a reçu les réquisitions du maire, qu'il n'a fait qu'y obéir, et que, chargé d'une immense responsabilité, il a cru devoir prendre toutes les précautions nécessaires pour la défense du Château.

Cela dit, Mandat se retire; mais a peine a-t-il quitté le conseil général qu'il est saisi, entraîné dans la salle où siègent Huguenin et ses quatre-vingts acolytes. A cette nouvelle, le procureur-syndic Manuel et Desprocès-verbal officiel; nous avons étudié avec le plus grand soin les additions et surtout les ratures qui se trouvent dans toutes ces éditions d'un môme fait de plus en plus falsifié; nous avons enfin rapproché les procès- verbaux primitifs et le procès-verbal officiel des rapports que ies municipaux vinrent faire d'heure en heure à l'Assemblée. De ces derniers le Moniteur, il est vrai, fait à peine mention, mais nous les avons retrouvés dans le Logograpke et dans le Journal des Débats et Décrets..

\ . Voir le rapport fait par Osselin à l'Assemblée, vers six lieureset demie du matin. Logographe, p. 12; Journal des Débats et Décrets, p. 443.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

mousseaux, son premier substitut, sortent précipitamment pour aller à son secours. Desmousseaux voit le commandant général traité déjà comme un accusé, des sentinelles garder toutes les issues; il parvient cependant à s'esquiver par un escalier dérobé, mais Manuel reste et. semble, par sa présence, légaliser toutes les monstruosités qui vont se commettre1.

Huguenïn2, s' adressant a. Mandat qui est debout à la barre, entouré d'hommes à piques que les sections afïïdées ont envoyés, commence ainsi l'interrogatoire :

— Vous êtes prévenu d'attentat contre la sûreté publique en donnant des ordres à la force armée sans réquisition légale. En vertu de quel ordre avez-vous doublé la garde du Château? Je vous somme de le représenter.

Mandat. « J'ai déjà répondu à messieurs du conseil général3; » si j'avais été prévenu, j'aurais apporté l'ordre du maire, je l'ai laissé dans mes papiers.

1. Desmousseaux, après avoir été aux Tuileries, était revenu à son poste lie l'Hôtel de Ville. Voir son rapport fait à l'Assemblée. Logographe, p. 46, et Journal des Débals et Décrets, p. 145.

2. Le procès-verbal officiel dit que c'est Cousin qui préside et interroge le coin mandant général. Or, c'est Huguenin qui Ht subir à Mandat l'interrogatoire (premier Taux matériel). Le procès-verbal omei à dessein ce qui se passa depuis lo commencement de la séance dans la salle où siégeaient alors lus commissaires, c'osl-;i-dire depuis trois jusqu'à sept heures du malin (deuxième faux matériel).

3. Tout ce qui est entre guillemets dans tout l'interrogatoire de mandat se trouve sur la minute du procès-verbal et a élé supprimé du procès-verbal officiel.

Ces mots si importants, j'ai déjà répondit à messieurs du con-

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Page 1