‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 113 sur 237 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

D. Le maire n'a point donné cet ordre.

R. C'est une réquisition générale que j'ai présentée au département. Si un commandant général ne «peut pas prendre des précautions subites pour un événement imprévu, il n'est pas possible de commander.

D. Avez-vous eu l'ordre formel de faire marcher les canons ?

R. Quand le bataillon, marche, les canons marchent aussi ; c'est un usage qui a été observé de tout temps, et même sous La Fayette.

D. Quel jour avez-vous reçu l'ordre du maire?

R. II y a trois jours ; l'ordre est au Château, je le rapporterai.

Sur cette réponse, l'Assemblée arrête que l'on enverra des commissaires à Pétion pour recevoir ses explications. « ïruchon est chargé de cette mission1. »

D. Quels sont les ordres qu'a reçus le poste de Henri IV?

R. Voilà comment se donnent les ordres : le commandant général adresse au chef de légion Tordre, que celui-ci envoie à ses .bataillons. Quant aux canons braqués, je n'ai point donné d'ordres. Les cauons vont avec les bataillons.

seil général, montrent que précédemment Mandat avait été interrogé par l'autorité légale, et qu'elle n'avait vu dans sa conduite rien de réprêhensible ; ils existent sur la première minute, mais sont raturés sur la deuxième ( troisième faux matériel).

1. Truchon, dit l'homme à la longue barbe, était l'un des secrétaires improvisés de celte prétendue assemblée. Le nom du commissaire enquêteur est omis dans fe procès-verbal officiel; nous l'avons retrouvé sur la première minute.

D. N'avez-vous pas retenu ce matin le maire au Château?

R. La garde nationale a montré les plus grands égards à M. le maire; il n'a point été retenu. Pour moi en particulier, je l'aï salué et me suis retiré.

D. Quelle personne écrivait hier au Château en votre présence?

R. C'était mon secrétaire.

Plusieurs officiers municipaux, paraît-il, avaient quitté la salle de leurs délibérations et assistaient à cet interrogatoire. Par leur présence; ils ne craignaient pas de donner une apparence de légalité à ce tribunal improvisé. L'un d'eux, Mouchet1, s'écrie : — Eh bien, j'ai entendu Je secrétaire tenir ce propos : M. le maire est là, il n'en sortira pas! Un de mes collègues l'a entendu comme moi. C'est ce mot, répété à des députés, qui a provoqué le décret qui mandait M. le maire à la barre. J'ajoute que M. Mandat a dit à des grenadiers des Gravilliers, en parlant de Pétion : Vous allez le ramener, sa tête répond du moindre mouvement.

« L'assemblée des commissaires déclare qu'il faut envoyer savoir auprès de M. le maire si ce nouveau fait est

1. Le nom do Mouchet nous est fourni par le récit de Dejoly. On y voit cet officier municipal accompagner Pétion a la barre de l'Assemblée et parler après lui. Or, comme dans la salle de l'Hôtel de Ville, un membre de la municipalité se sert exactement des mêmes expressions, rapporte le même propos, et deux foi* déclare avoir élé.témoin auriculaire , il est évident pour nous que l'orateur ne peut être autre que Mouchet. Possédé de la ridicule manie de so mettre en scène, il continua au 40 août le rôle qu'il avait déjà joué le 20 juin.

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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