LIVRE vu m
postes des Tuileries. Pétion. » Ils arrivèrent à l'heure prescrite. Ils étaient commandés par le lieutenant-colonel de Maillardoz (remplaçant le colonel d'Affry, malade) par les majors Bauhroann et Zimmermann, soldais d'élite sous tous les rapports. Les Suisses étaient à peine 950, et n'avaient pas plus de &0 cartouches par homme1. .
La gendarmerie à pied et à cheval était très-peu sûre, comme nous l'avons déjà dit; elle avait annoncé tout haut l'intention formelle de ne tirer à aucun pris sur le peuple. Les détachements de la garde nationale, qui se trouvaient dans l'intérieur du Château* étaient composés des gardes montantes et descendantes ; mais, on s'en souvient, d'après une décision récente de la municipalité, les divers bataillons étaient appelés à fournir chacun un certain nombre d'hommes. Ces détachements étaient donc sans consistance, sans confiance en eux-mêmes ni dans les autres. Mandat, il est vrai, utilisant des réquisitions précédemment données par le maire de repousser la force par la force, avait appelé à lui seize bataillons. Ces seize bataillons formaient sur le papier un ensemble de dix mille hommes, mais il n'en vint pas la moitié, peut-être même pas le quart; et, parmi ceux qui vinrent, combien s'en trouvait-il qui fussent disposés à faire le sacrifice de leur vie pour assurer le triomphe de la légalité?
Pendant toute !a nuit, des discussions très-vives et
i . Récit de la conduite des Sitisses, par le colonel Pfyffer d'Altishoffen, à la suiledes mémoires de Weber, t. If.
très-animées s'étaient établies entre les gardes nationaux, des différents bataillons. On se surveillait, on s'épiait, on cherchait à surprendre dans les conversations, sur les physionomies, quelque indice qui désignât ceux «ur lesquels chaque parti pouvait compter.
Les canonniers parisiens étaient l'objet d'une surveillance particulière. Les généraux commandant le Château avaient posté de nombreuses sentinelles qui se promenaient le long des pièces placées en batterie vers le Carrousel. Car on soupçonnait ceux qui étaient chargés de les servir de vouloir, un peu plus tôt un peu plus tard, faire cause commune avec les insurgés.
Dans la salle du conseil, où était rassemblée la famille royale, on avait discuté toute sorte de plans, mis en avant toutes sortes de projets, mats sans rien décider. Plusieurs des assistants, notamment Rœderer et Dejoly, regardaient comme insensée toute idée de résistance. Ils proposent au rot d'écrire à l'Assemblée législative pour lui demander aide et assistance. Mais on objecte qu'une pareille démarche est indigne de la majesté royale et qu'on doit se bornera envoyer deux ministres faire connaître au Corps législatif le véritable état des choses. Dejoly et Champion de Villeneuve sont chargés de celte mission.
Pendantqu'ils l'accomplissent, on persuade au roi que