‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 120 sur 237 · PÉTION · texte numérisé non relu

PÉTION

On peut le dire sans crainte d'être démenti, dans cette nuit fatale où s'accomplit la passion de la royauté, Pétion cumula le rôle de Judas et celui de Ponce-Pilate. Comme Judas il vint, au commencement de la soirée, donner le baiser de paix à Louis XVI en l'assurant de

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son dévouement; comme le gouverneur romain, au lever de l'aurore, il proclama l'impuissance dont il s'était frappé lui-même et se lava les mains de tout ce qui allait arriver.

Nos regards se détournent avec dégoût de cet indigne magistrat1; reportons-les vers le Château, où d'héroïques mercenaires s'apprêtent à mourir pour obéir à leur serment.

Le régiment de la garde suisse était la seule force, vraiment organisée, dont il fût permis d'espérer des secours efficaces. Les ministres étaient parvenus à en garder la plus grande partie aux environs de Paris , malgré les dénonciations des clubs ; le reste avait été envoyé eu Normandie pour protéger l'arrivage des grains vers la capitale.

Dès le li août , sur un ordre expédié en toute hâte , les Suisses étaient accourus de leurs casernes de Courbevoie et de Rueiï, après y avoir enterré Jeurs drapeaux. Le Château n'ayant point été attaqué dans la nuit du h au 5, on les avait renvoyés, afin que leur présence ne servît point de prétexte aux dénonciations révolutionnaires. Mais le 8, vers dix. heures du matin, Mandat les rappela pour le lendemain trois heures après midi. Us trouvèrent, en arrivant à la barrière, un ordre ainsi conçu : « Laissez passer les Suisses pour renforcer les

i. Les journalistes amis et complices de Pétion expliquèrent ainsi son inaction et sa captivité : « Le peuple craignant que son magistrat chéri ne partageât ses dangers, voulant, si l'on peut s'exprimer ainsi, mettre en dépôt la loi et son organe le plus respecté, avait entouré H. Pétion d'une garde nombreuse et l'avait consigné chez lui. »

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