‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 128 sur 237 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

conduite par le ministre de la guerre, d'Abancourt. Les ministres de l'intérieur et des contributions publiques, Champion et Leroux de La Ville, ferment la marche1.

Des deux côtés du cortège, sont échelonnés deux détachements : l'un, à droite, de gardes nationaux; l'autre, à gauche, de gardes suisses2.

Quand cette petite colonne se mit en mouvement , il était environ huit heures et demie3. Elle suivit la grande allée des Tuileries jusqu'aux parterres, puis tourna ù droite, vers l'allée des marronniers.

. Le sol était jonché de feuilles mortes, l'automne ayant été précoce dans cette brûlante année 1792. « Voilà bien des feuilles! s'écria le roi pendant que son jeune fils s'amusait — le pauvre enfant — à les jeter dans les jambes de ceux qui marchaient devant lui , — voilà bien des feuilles! elles tombent de bonne heure cette année4. »

Cette parole de mauvais augure retentit dans lesilence; personne ne la releva ; mais chacun de ceux qui l'entendirent dut reporter sa pensée vers cette couronne qui tombait, elle aussi, feuille à feuille, de la tête de l'héritier d'une dynastie plus vieille que les arbres séculaires sous lesquels on passait.

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