‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 131 sur 237 · Récit de Rœderer, procès- verbal de J.-J. Leroux · texte numérisé non relu

Récit de Rœderer, procès- verbal de J.-J. Leroux

300 HISTOIRE Dlï LA TIÎRREOR.

le poste même des Feuillants , soulève néanmoins les plus vives objections. Enfin ; après avoir recommandé aux inspecteurs de la salle de redoubler de vigilance, l'Assemblée passe à l'ordre du jour, déclarant que, hors de son enceinte, la police appartient aux corps administratifs et municipaux.

Cependant la députation des représentants était arrivée devant le roi; celui qui la préside se contente de dire :

« Sire, l'Assemblée nationale, empressée de concourir à votre sûreté, vous offre , ainsi qu'à votre famille, un asile dans son sein *. »

Elle se range ensuite cérémonieusement autour de Louis XVI , prenant la place des membres du directoire du département, car ceux-ci ne peuvent paraître devant le corps législatif sans avoir été préalablement appelé par lui2.

Le cortège, ainsi reformé, s'avance jusqu'au pied delà terrasse des Feuillants, remplie d'une foule effroyablement hostile. Au moment où lé roi se dispose à gravir l'escalier, des cris furibonds se font entendre : « "Vive la Nation J point de veto ! A bas ! à bas ! » Quelques énergumènes hurlent : «. Non , ils n'entreront pas à l'Assemblée, ils sont cause de tous nos malheurs, il faut que ■ cela finisse! » Les cris redoublent lorsqu'on aperçoit la reine : « Point de femme, point de femme, nous ne voulons que le roi, le roi seul ! »

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