‹ Histoire de la Terreur 17921794. T. deuxièmeChapitre 58 sur 237 · Compte rendu du Moniteur, p · texte numérisé non relu

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m histoire nn la terreur.

autre raconte qu'il a menacé de sabrer un grenadier qui disait tout haut que les Marseillais étaient des brigands; qu'il l'a conduit à l'état-major, mais qu'on l'y a fait relâcher. Le troisième ajoute : « Je préviens l'Assemblée qu'on doit lui apporter un corps mort; on lui dira que c'est une victime des Marseillais, ceux qui l'apporteront veulent commencer la contre-révolu lion l. » Dans ce dernier fait, il y avait cela de vrai que Mathieu Dumas, qui avait eu deux parents blessés aux Champs-Élysées, avait proposé aux gardes nationaux des Filles-Saint- Thomas d'aller chercher le cadavre du malheureux Duhamel au café de la rue Saint-Florentin et de le porter au sein de l'Assemblée 2.

Mais avant que Dumas ait pu prendre la parole pour préparer cette scène tragique, le montagnard Gaston se présente à la tribune et raconte à sa manière les faits dont il a été témoin. Il a vu les Marseillais prendre un repas frugal; il a entendu des officiers de la garde nationale crier : « Yiveleroi, vive la reine, vive La Fayette !» On a dit qu'ils avaient aussi crié : « A bas ia nation ! » il ne l'a pas entendu. Une querelle s'étant engagée entre les officiers et les Marseillais sur les cris que les uns proféraient et sur ceux que les autres voulaient leur imposer, les Marseillais ont franchi les fossés comme des lions, et ont tiré leurs sabres; « c'était un spectacle imposant; » mais lui, Gaston, il est intervenu et a. empêché la mêlée de devenir sanglante. Par

i. Logographe, p. 428, XXV- volume.

t. Souvenirs de JUalhieu Dumas, t. II, p. 418-419.

LIVRE VI. 153 malheur, vers la rue Saint-Florentin, un grenadier a de nouveau provoqué les Marseillais, qui cheminaient tranquillement, formés en bataillon carré; ceux-ci n'ont pu se contenir, et « il a vu leurs sabres tomber sur lui ! »

A ces mots, dont il est impossible de ne pas admirer l'euphémisme pour expliquer un meurtre abominable, une partie des tribunes applaudit; l'Assemblée se contente de passer à Tordre du jour, sous prétexte que la justice seule est compétente pour connaître de toute cette affaire.

La nuit ne fut pas troublée, mais durant toute la journée du lendemain, on eut des craintes très-vives aux Tuileries 1. Les meneurs, qui déjà avaient manqué leur coup deux fois, paraissaient vouloir profiter de la sur-

J. Voici deux billets qui prouvent les inquiétudes que l'on eut au chàleau et à l'état-major de la garde nationale dans la journée du 3J.

« Paris, le 31 juillet.

c Au maire de Paris.

« Le roi me charge, Monsieur, de vous inviter à vous rendre à une heure auprès de lui, pour concerter les mesures nécessaires au maintien de la tranquillité publique.

a Le ministre de l'intérieur,

a Signé ; Champion. »

a GARDE NATIONALE PARISIENNE, ÉT,\T-MAJOft GÉNÉRAL.

« An maire de Paris.

« Je viens d'apprendre, Monsieur, que l'intention pour les rassemblements, s'ils ont lieu, est de faire battre la générale dans le faubourg Saint-Antoine, il quatre heures du matin. Si cela avait lieu, je pense que je dois être autorisé à la faire battre de mon côté. J'enverrai de bonne heure au faubourg pour m'en assurer; je vous de-

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excitation des esprits pour brusquer l'insurrection; on parlait de faire battre la générale; mais, comme les pré- . cautions de l'autorité paraissaient prises et que les préparatifs insurrectionnels n'étaient pas complets, l'affaire fut encore remise.

Aux séances du 31 juillet et du 1er août, de nouvelles députalions de gardes nationaux viennent se plaindre des infâmes agressions dont leurs camarades ont été victimes; mais ces plaintes sont accueillies par les vociférations des tribunes. Une partie de l'Assemblée selève, indignée de tant d'audace. Dumolard s'écrie : « Entendezvous les hurlements de ces cannibales? » — « Rappelez-leur, ajoute Leroy, que des Français ont péri hier par la main de leurs frères. »

Guadet vient, au nom delà commission extraordinaire, faire un rapport sur les pétitions contradictoires présentées pour et contre le départ des Marseillais. Il déclare qu'il serait vraiment dérisoire d'envoyer en ce moment à Soissons les fédérés de Marseille, puisque l'on apprend, par une lettre de la municipalité, que rien n'est encore prêt au camp, et que les volontaires qui s'y

mande voira réquisition pour ue cas-là. J'ai pris mes précautions, suivant ce que vous m'avez dit aujourd'hui, nom- le Cliûieau. J'attends votre réponse par le porteur.

« Le commandant général,

« Signe : Manuat. »

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